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En Île-de-France, concentrer les entrepôts peut épargner des terres

De Roissy à Sénart, les entrepôts suivent la Francilienne. Une étude de l’État montre que les pôles existants consomment moins de terres que les implantations dispersées.

Illustration - Entrepôts près de la Francilienne

La carte des entrepôts franciliens épouse de plus en plus celle des grandes routes. Autour de Roissy, de Marne-la-Vallée et de Sénart, les nouvelles emprises suivent largement la Francilienne. Plus à l’ouest, Ablis a accueilli en 2025 une plateforme de 87 000 m² près de l’A11 et de la N10.

Une nouvelle étude de la DRIEAT mesure le coût en terres de cette organisation. Depuis 1982, la logistique a consommé en moyenne 126 hectares par an d’espaces naturels, agricoles ou forestiers en Île-de-France. Le rythme a nettement ralenti : 74 hectares par an entre 2021 et 2025, son niveau le plus bas en quarante ans.

Cette baisse ne rend pas la pression marginale. Ces 74 hectares représentent encore 13 % de toute la consommation régionale d’espaces naturels, agricoles et forestiers. La logistique occupe donc une part croissante d’un foncier disponible de plus en plus rare.

La grande couronne est au centre de ce déplacement. L’Institut Paris Region y recensait déjà 70 % des surfaces bâties logistiques, avec l’Essonne, le Val-d’Oise et la Seine-et-Marne en tête. Les Yvelines en accueillent quatre fois moins que l’Essonne, mais l’exemple d’Ablis montre que les plateformes gagnent aussi les franges occidentales lorsqu’elles trouvent de grandes parcelles au bord des autoroutes.

Cette géographie répond aux besoins quotidiens de douze millions de Franciliens. Alimentation, colis, matériaux, produits industriels ou marchandises des commerces doivent être stockés avant d’être distribués. La pression immobilière repousse les grands bâtiments hors de la zone dense, tandis que les échangeurs leur donnent un accès direct aux grands axes.

Sénart Centre Essonne, à cheval sur l’Essonne et la Seine-et-Marne, concentre ainsi 18 % de la consommation foncière logistique observée depuis 1982. Le secteur de Roissy, entre Val-d’Oise et Seine-et-Marne, en représente 13 %. Mais la concentration dans ces pôles historiques recule : 70 % des terres consommées l’étaient à l’intérieur des territoires logistiques entre 1982 et 1987, contre 56 % entre 2021 et 2025.

Cette dispersion n’est pas la plus économe. Entre 2017 et 2025, 61 % des nouvelles emprises entièrement logistiques créées dans les pôles constitués provenaient de terrains déjà urbanisés. Hors de ces pôles, 64 % provenaient au contraire d’espaces naturels, agricoles ou forestiers. Les zones existantes permettent davantage de reconstruire, densifier ou reconvertir. Hors des pôles, les nouvelles plateformes se font ainsi plus souvent au détriment de terres agricoles ou naturelles.

Le SDRIF-E, approuvé en juin 2025, fixe une consommation foncière divisée par trois par rapport au SDRIF de 2013. La logistique devra donc continuer à servir la métropole avec beaucoup moins de terres neuves. Repousser les entrepôts toujours plus loin reporte surtout la consommation foncière vers les franges de la région.

La solution la moins gourmande consiste à réutiliser les zones déjà desservies, quitte à y concentrer davantage les bâtiments et les camions. Cette concentration ne supprime pas la place prise localement par les plateformes, mais leur dispersion est plus coûteuse en terres agricoles. À Roissy, Sénart, Marne-la-Vallée ou Ablis, le prochain entrepôt se jugera aussi à ce qu’il évite de construire ailleurs.

Sources consultées
  1. DRIEAT Île-de-FranceConsommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers par l’activité logistique en Île-de-France : quelle efficacité ?
  2. DRIEAT Île-de-FranceLes grandes caractéristiques de la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers par l’activité logistique en Île-de-France
  3. L’Institut Paris RegionL’empreinte spatiale de la logistique au défi de la sobriété foncière
  4. Région Île-de-FranceLe SDRIF-E : Île-de-France objectif 2040