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Bacs jaunes : GPSO annonce moins d’erreurs, mais ressort les 500 000 € de 2024

Dans huit communes des Hauts-de-Seine, les erreurs de tri reculent de 25 % à 23 %. Derrière ce progrès, une facture ancienne et des économies encore à établir.

Illustration - bacs jaunes et déchets triés

Dans les huit communes de Grand Paris Seine Ouest, le contenu des bacs jaunes s’améliore : 23 % des déchets collectés en 2025 n’avaient rien à y faire, contre 25 % en 2024. En annonçant ces résultats début novembre, GPSO remet en avant un chiffre spectaculaire : plus de 500 000 € de dépenses liées aux erreurs de tri en 2024. Le montant correspondant à 2025 n’est pas précisé dans sa nouvelle communication.

Le territoire tente depuis plusieurs années d’inverser une tendance préoccupante. En 2019, les erreurs représentaient 16 % du contenu des bacs jaunes. Elles atteignaient 25 % en 2023, selon les chiffres communiqués par GPSO à Citeo. La collectivité évoquait alors plus de 400 000 € de surcoût annuel. Un an plus tard, elle annonçait plus de 500 000 €.

La baisse observée en 2025 marque donc une amélioration après plusieurs années de dégradation. Mais quelle différence fait-elle réellement sur les dépenses publiques ?

Pourquoi un déchet mal trié coûte-t-il si cher ?

GPSO collecte les déchets à Boulogne-Billancourt, Issy-les-Moulineaux, Meudon, Sèvres et dans quatre autres communes. Leur traitement relève du Syctom, le syndicat métropolitain.

Lorsqu’un objet indésirable échappe aux contrôles du ramassage, il rejoint les emballages et papiers dans un centre de tri. Il doit ensuite être écarté, regroupé, transporté puis incinéré. Un passage inutile par le centre de tri pour un déchet qui aurait parfois pu rejoindre directement les ordures ménagères.

GPSO présente une comparaison frappante : 155 € pour une tonne refusée, contre 25 € pour une tonne correctement triée. Six fois plus cher.

Le barème 2026 du Syctom précise ce calcul : 25,40 € par tonne pour la collecte sélective, auxquels s’ajoutent 129,40 € au titre des anomalies de tri, soit près de 155 € au total. Mais le traitement d’une tonne d’ordures ménagères coûte lui-même 109,40 €.

Pour un déchet qui aurait dû aller directement dans le bac gris, l’écart entre ces tarifs est donc d’environ 45 € par tonne, pas 130 €. Ce n’est pas pour autant un calcul du surcoût total évitable : les erreurs de tri comprennent aussi des déchets qui relèvent d’autres filières, comme le verre ou les textiles.

Les 500 000 € mis en avant ne correspondent donc pas nécessairement à autant d’économies récupérables. Le calcul détaillé de cette somme et son évolution en 2025 ne figurent pas dans la communication de GPSO.

Des bacs contrôlés, des collecteurs incités à mieux faire

Les habitants ne sont pas les seuls sollicités. Depuis 2022, les marchés de collecte de GPSO prévoient des incitations financières pour ses trois prestataires, notamment en fonction de la qualité du tri et de la diminution des ordures résiduelles.

En 2023, la collectivité avait diffusé 195 000 courriers rappelant les consignes et renforcé les contrôles. Des puces installées sur les bacs permettent d’enregistrer les refus de collecte et de les signaler aux services techniques. Lorsqu’un bac contient trop de déchets indésirables, les agents peuvent le laisser sur place avec un avertissement, afin que son contenu soit corrigé. Les déchets ainsi refusés n’entrent pas dans la chaîne du tri, contrairement aux erreurs découvertes plus tard au centre de traitement.

La qualité du recyclage se joue donc aussi avant l’arrivée au centre de tri, lors du ramassage et du contrôle des bacs. La baisse de deux points observée en 2025 ne permet toutefois pas de mesurer l’efficacité de chaque mesure.

En 2025, GPSO a collecté en moyenne 48,3 kg de déchets par habitant dans les bacs jaunes, davantage que la moyenne régionale. Mais ce volume ne dit pas quelle quantité sera effectivement recyclée.

De Vanves à Ville-d’Avray, GPSO a déjà renforcé les contrôles et les consignes. En 2025, la proportion de déchets mal orientés a diminué. Sans le montant facturé pour cette année-là, impossible encore de savoir combien cette amélioration a permis d’économiser.

Sources consultées
  1. Grand Paris Seine OuestBac jaune : ensemble, rectifions le tri !
  2. Ville de SèvresCe que nous coûte le mauvais tri
  3. CiteoLes Cahiers de la collecte sélective 2024/2025
  4. SyctomRapport d'orientations budgétaires 2026