
Aux Bulvis, à Rueil-Malmaison, trois tours de logements sociaux doivent être démolies et remplacées par des immeubles moins hauts. Sur le terrain voisin de l’ancienne caserne des pompiers, des logements privés viendraient s’ajouter au quartier. Depuis ce lundi 26 octobre, les habitants peuvent consulter le dossier et donner leur avis sur un projet qui changerait autant la physionomie du secteur que sa composition résidentielle.
La Ville annonce 352 logements à terme, contre 202 logements sociaux aujourd’hui. Les documents réglementaires retiennent une fourchette d’environ 300 à 350 logements, dont 100 à 150 en accession à la propriété. Le principe, lui, est fixé : les 202 logements sociaux seraient intégralement reconstruits, sans création de logements sociaux supplémentaires.
Dans le périmètre du projet, si les 150 logements privés annoncés sont réalisés, la part des logements sociaux passerait ainsi de 100 % aujourd’hui à environ 57 %. Leur proportion diminuerait, mais leur nombre resterait identique, à condition que la reconstruction soit menée à terme.
Construire avant de démolir
Les trois tours de la résidence Jules Verne, route de l’Empereur, comptent entre neuf et quatorze étages au-dessus du rez-de-chaussée. Leur vétusté et leurs faibles performances énergétiques ont conduit le bailleur Batigère à privilégier leur remplacement. Selon le dossier, malgré les démarches de la Ville et du bailleur, la résidence n’a pas obtenu de financement de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU).
Le projet prévoit de construire les nouveaux logements sociaux avant de démolir les tours, afin de permettre aux locataires de rester dans leur quartier.
Lors d’une réunion en décembre 2024, Batigère s’est engagé à leur donner la priorité dans les nouveaux logements et à maintenir leur niveau de loyer, sous réserve des révisions habituelles. Le bailleur a également annoncé la prise en charge des déménagements et des frais de réouverture des contrats.
Ces engagements figurent au bilan de concertation. Leur traduction dans les conditions individuelles de relogement sera décisive, notamment pour les charges des futurs appartements. Reconstruire le même nombre de logements sociaux ne garantit pas, à lui seul, des conditions de vie identiques.
Le terrain des pompiers change la donne
Le projet couvre 1,9 hectare, entre les terrains de Batigère, l’ancienne caserne des pompiers de Paris et des parcelles municipales. Le départ des pompiers vers l’écoquartier de l’Arsenal, où leur nouvelle caserne a ouvert en mai 2025 avant son inauguration le 11 juin, libère une partie de cet espace.
Les futurs logements privés seraient construits sur le terrain de l’ancienne caserne, tandis que les logements sociaux seraient reconstitués sur le foncier de Batigère. Cette répartition explique une modification particulière du Plan local d’urbanisme (PLU).
Dans la zone concernée, les programmes neufs d’au moins 3 000 m² doivent normalement comporter 25 % de logements sociaux. Le projet créerait un secteur spécifique, UCd, exempté de cette obligation. La collectivité justifie cette exception par la reconstruction des 202 logements sociaux à l’échelle de l’opération.
Le projet conserverait donc le nombre de logements sociaux existants tout en autorisant des logements privés supplémentaires sur l’ancienne emprise des pompiers. Son coût global et son financement ne sont pas précisés.
Un parc et une nouvelle traversée
Les nouvelles constructions, généralement de trois à six étages au-dessus du rez-de-chaussée, seraient accompagnées d’un parc public d’environ 4 700 m². Une traversée végétalisée permettrait de rejoindre la rue du Général-de-Miribel depuis la route de l’Empereur, en direction de la forêt de la Malmaison. Une partie du stationnement serait déplacée en sous-sol.
Ces aménagements modifieraient les usages d’un secteur aujourd’hui fragmenté entre résidence, équipements municipaux, caserne et accès au cimetière des Bulvis. Pour les habitants actuels, le stationnement et les conditions de relogement compteront autant que ces nouveaux espaces publics.
Batigère a déjà lancé, en septembre 2026, un marché de conception-réalisation pour les 202 logements sociaux, d’une durée prévisionnelle de 36 mois à partir de septembre 2027.
L’enquête publique est ouverte jusqu’au vendredi 27 novembre à 17 heures. Chacun peut déposer une contribution sur le registre officiel ou consulter le dossier à l’hôtel de ville, 13 boulevard du Maréchal-Foch. Le commissaire enquêteur recevra encore le public les 7, 19 et 27 novembre.
Après l’enquête, Paris Ouest La Défense devra se prononcer sur l’intérêt général de l’opération et sur la modification du PLU. De cette décision dépendra le cadre des futurs chantiers aux Bulvis.
Sources consultées
- Ville de Rueil-MalmaisonProjet des Bulvis : avis d'enquête publique
- Ville de Rueil-Malmaison / Paris Ouest La DéfenseDéclaration de projet du secteur des Bulvis, notice explicative
- Paris Ouest La DéfenseBilan de la concertation préalable du secteur des Bulvis
- Paris Ouest La DéfenseRèglement écrit modifié de la zone UC
- Batigère HabitatMarché de conception-réalisation pour 202 logements locatifs sociaux aux Bulvis, référence 2026.50
- Registre DématérialiséEnquête publique Les Bulvis, déroulement et contributions