
En novembre, des furets vont s’engouffrer dans les terriers des rats de Gennevilliers. À la sortie, des chiens ratiers les attendront. La Ville prévoit une vingtaine de jours d’intervention dans quinze espaces publics, avec une méthode qui permet de se passer de poison.
Le parc des Sévines, le square Fatima, le parc Châteaubriand, le jardin du Bonheur ou encore le parc Jules-Guesde figurent parmi les lieux concernés. La rue et le parc Mozart, la rue Beethoven ainsi que plusieurs secteurs résidentiels sont également inscrits au programme.
Les furets sous terre, les chiens à la sortie
Une entreprise spécialisée repère d’abord les terriers actifs. Les furets sont introduits dans les galeries pour débusquer les rats, que les chiens interceptent à leur sortie. Les terriers traités sont ensuite rebouchés pour limiter leur réoccupation.
Cette méthode présente un avantage dans les parcs fréquentés par les familles et les promeneurs avec leurs animaux : elle ne nécessite aucun appât toxique susceptible d’empoisonner d’autres espèces.
Les interventions pourront entraîner des fermetures temporaires ou des balisages. Des affiches seront installées à l’entrée des parcs concernés, mais la municipalité n’a pas encore communiqué de calendrier précis par site.
Une alternative prévue depuis deux ans
L’idée des furets n’est pas née cet automne. En mai 2024, Gennevilliers lançait déjà un appel d’offres comportant deux lots distincts pour la lutte contre les nuisibles.
Le premier concernait les pièges mécaniques et les produits biocides, contre les rats mais aussi d’autres nuisibles. Le second était spécialement consacré aux furets et aux chiens ratiers. Dans l’avis de marché, les montants estimatifs étaient de 100 000 euros hors taxes pour le second lot, contre 150 000 euros pour le premier. L’accord-cadre pouvait être reconduit jusqu’à quatre ans. Ces chiffres ne correspondent pas au coût de la campagne de novembre, qui n’a pas été publié.
La Ville avait donc envisagé les deux approches parallèlement. En janvier 2025, elle annonçait encore des interventions associant pièges mécaniques et traitements chimiques dans plusieurs quartiers.
Les furets ne remplacent donc pas tous les produits de dératisation à Gennevilliers. Ils constituent une autre façon d’intervenir, particulièrement adaptée aux terriers repérés dans les espaces verts, où l’absence de poison présente un intérêt immédiat.
Traiter les terriers, empêcher leur retour
La lutte contre les rats mobilise plusieurs acteurs. La Ville organise habituellement trois campagnes annuelles dans ses bâtiments communaux. Boucle Nord de Seine intervient également sur les réseaux d’assainissement. Les propriétaires et les syndics doivent traiter les locaux sensibles de leurs immeubles.
Les rats circulent entre espaces publics et propriétés privées. Éliminer ceux d’un terrier ne supprime pas les sources de nourriture qui favorisent leur installation, notamment les déchets accessibles.
La Ville n’a pas publié de résultats chiffrés permettant de mesurer l’efficacité durable de cette méthode à Gennevilliers.
En novembre, les équipes reboucheront les terriers des Sévines, de Châteaubriand et des autres sites concernés. Pour éviter que les rats ne reviennent y creuser leurs galeries, il faudra aussi limiter la nourriture qu’ils trouvent à proximité.
Sources consultées
- Ville de GennevilliersLa ville poursuit la lutte contre les rongeurs
- Marchés-publics.info, portail de publication des marchés publicsLa lutte raisonnée contre les nuisibles et les espèces susceptibles d'occasionner des dégâts, référence 23DRU01
- BOAMPAvis de marché n° 24-52882 du 3 mai 2024
- Ville de GennevilliersGennevilliers agit contre les nuisibles
- Ville de GennevilliersAnimaux nuisibles : insectes, rongeurs et volatiles