
L’université Paris Nanterre restera fermée jusqu’au samedi 10 octobre inclus. Depuis jeudi 8, ses trois sites de Nanterre, Ville-d’Avray et Saint-Cloud sont inaccessibles pour les activités universitaires. Les cours qui ne peuvent se tenir sur place ne seront pas assurés à distance. Après plusieurs journées de perturbations, aucune date de rattrapage n’a été annoncée.
La situation est singulière : la présidence de l’université soutient les revendications sur le manque de moyens dans l’enseignement supérieur. Mardi, elle a même annoncé la réouverture de ses bâtiments pour mercredi, avec des espaces réservés aux discussions sur la mobilisation. Le lendemain, les blocages ont empêché aussi bien les cours que les échanges prévus.
Une tentative de dialogue empêchée
Lundi 5 octobre, alors qu’elle annonçait la fermeture préventive de ses trois sites pour le lendemain, l’université affirmait partager « pleinement les revendications » concernant le financement et la reconnaissance des acteurs de l’enseignement supérieur.
Mardi soir, changement de cap : la présidence annonce une réouverture pour mercredi 7 octobre. Des espaces doivent être mis à disposition pour débattre de la mobilisation, avec une suspension exceptionnelle du contrôle d’assiduité afin de faciliter les échanges.
La réouverture n’aura pas lieu. Dès 7 heures mercredi, la direction constate que les accès aux bâtiments sont bloqués. Selon son communiqué, environ 300 personnes ont installé des obstacles sur le campus principal de Nanterre, notamment des barrières, des sacs de gravats et des poubelles. Pour la première fois, des blocages similaires touchent aussi Ville-d’Avray et Saint-Cloud.
La présidence renonce à la réouverture et aux discussions annoncées. Elle décide ensuite de prolonger la fermeture jusqu’à samedi, par crainte de nouveaux blocages. La décision est préventive : elle ne suppose pas que chaque bâtiment restera physiquement bloqué durant toute cette période.
Cette succession d’annonces laisse les étudiants sans cours, sans enseignement à distance pour remplacer les séances empêchées et, pour l’instant, sans calendrier de récupération. L’université n’a pas précisé pourquoi ces enseignements ne pouvaient pas être organisés en ligne.
Une université déjà en difficulté financière
Le conflit intervient dans un établissement qui alerte depuis des années sur ses ressources. En décembre 2025, Paris Nanterre avait adopté un budget initial 2026 particulièrement dégradé.
Selon les prévisions alors publiées, son fonds de roulement devait être négatif de 25,5 millions d’euros à la fin de 2026, signe que ses ressources durables ne suffiraient plus à financer ses besoins à long terme. L’université signalait également disposer de 3,1 personnels administratifs et techniques pour 100 étudiants, contre plus de 4,6 en moyenne nationale.
Elle dénonçait une dotation insuffisante, des dépenses immobilières lourdes et la compensation incomplète de certaines mesures nationales. Le rectorat avait émis un avis réservé sur son budget, entraînant l’obligation de présenter un plan de retour à l’équilibre.
La présidence partage ainsi les revendications sur les moyens, tout en défendant une reprise des cours que les blocages empêchent.
Les journées de cours annulées s’accumulent dans une université dont les moyens humains et financiers sont déjà contraints.
La fermeture touche aussi les habitants
L’interruption des activités dépasse les salles de cours. L’université a confirmé jeudi l’annulation de sa journée grand public de la Fête de la science, prévue samedi 10 octobre. Les habitants devaient pouvoir rencontrer des chercheurs lors d’ateliers gratuits consacrés notamment à la psychologie, à l’écologie et à la programmation.
Une partie des animations réservées aux scolaires a néanmoins été déplacée, jeudi et vendredi, dans des écoles et collèges partenaires.
La Contemporaine, bibliothèque, musée et centre d’archives implanté sur le campus de Nanterre, restera également fermée au public jusqu’à samedi inclus. Ses salles de lecture et d’exposition sont donc inaccessibles aux chercheurs et visiteurs extérieurs.
Ces nouvelles interruptions prolongent la mobilisation qui avait déjà touché Nanterre début octobre.
La présidence doit réévaluer la situation lundi 12 octobre. D’ici là, étudiants, personnels et visiteurs sont invités à consulter les consignes officielles de fermeture avant tout déplacement.
Lundi, l’enjeu sera de savoir si les trois sites peuvent rouvrir et si les espaces de discussion promis mercredi peuvent enfin accueillir les étudiants. L’université devra également préciser comment seront rattrapés les cours annulés.
Sources consultées
- Université Paris NanterreFermeture Université Paris Nanterre du 8 octobre au 10 octobre
- Université Paris NanterreFermeture temporaire des locaux de l’université mardi 6 octobre
- Université Paris NanterreOuverture de l’Université mercredi 7 octobre
- Université Paris NanterreBudget 2026 de l’Université Paris Nanterre : alerte sur une situation financière critique
- Université Paris NanterreFête de la science 2026 - ANNULÉE
- La ContemporaineFermeture du jeudi 8 au samedi 10 octobre inclus