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À Gennevilliers, la Cité-Jardin change de propriétaires

Six pavillons sont à vendre. Selon Le Parisien, 135 maisons sur 235 seraient déjà privées, tandis que l’ensemble reste protégé au titre du patrimoine.

Illustration de la Cité-Jardin de Gennevilliers

Une nouvelle série de pavillons de la Cité-Jardin de Gennevilliers est sur le marché. Le catalogue de Hauts-de-Seine Habitat affiche six annonces distinctes publiées le 17 septembre, pour des maisons de 43 à 64 m² proposées autour de 128 000 à 219 000 euros. Son avis général n’en annonce pourtant que cinq. Les dossiers restent recevables jusqu’au 17 octobre selon les fiches de vente. Consulter les annonces et modalités de candidature

La campagne de septembre prolonge un mouvement engagé depuis des décennies. Hauts-de-Seine Habitat indique lui-même qu’un « nombre important » de pavillons a déjà été vendu à leurs occupants. Le Parisien, qui rapporte la contestation actuelle de locataires et propriétaires, avance désormais un chiffre beaucoup plus parlant : 135 des 235 maisons de la Cité-Jardin appartiendraient à des propriétaires privés.

Si ce décompte est exact, une majorité des pavillons serait déjà passée dans le privé. La question dépasse alors le sort des maisons proposées en septembre : comment un quartier conçu comme un ensemble de logement social continue-t-il de fonctionner lorsque ses murs relèvent progressivement de dizaines de propriétaires différents ?

Construite entre 1923 et 1934 sur neuf hectares de l’ancien parc du château de Richelieu, la Cité-Jardin associait pavillons, immeubles collectifs, jardins, commerces et équipements publics. L’Office public des habitations à bon marché de la Seine avait pensé l’ensemble comme un morceau cohérent de ville populaire, jusque dans les implantations des maisons, les sentes et les espaces verts.

Un siècle plus tard, cette cohérence bénéficie d’une protection particulière. La Cité-Jardin est un Site patrimonial remarquable et les règles d’urbanisme encadrent le bâti, les implantations et l’aspect du quartier. Changer de propriétaire ne donne donc pas carte blanche pour transformer une maison.

Mais le droit du patrimoine ne décide pas qui possède ces maisons. Une même rue peut conserver son dessin, ses jardins et ses façades alors que certaines maisons relèvent encore du bailleur social et que leurs voisines appartiennent à des particuliers.

Les ventes HLM obéissent elles-mêmes à des règles publiques. Pour les logements vacants, les locataires de bailleurs sociaux du département et leurs gardiens figurent parmi les candidats prioritaires, sous conditions de ressources. Hauts-de-Seine Habitat fixe les prix en prenant pour référence des biens comparables. Une fois les emprunts correspondants réglés, la loi impose d’affecter en priorité le produit disponible des cessions à de nouvelles constructions, à des acquisitions locatives ou à des rénovations importantes.

Présenter cette politique comme une simple « braderie » irait donc plus loin que les faits disponibles. Rien ne démontre non plus que les ventes accélèrent en 2026. Elles matérialisent en revanche un arbitrage très ancien du logement social : conserver un patrimoine locatif ou en céder une partie pour favoriser l’accession et dégager des capacités d’investissement.

À Gennevilliers, cet arbitrage se voit presque maison par maison. Rue Chevreul, rue Claude-Bernard, rue du Pont-d’Argenteuil ou rue Marcelin-Berthelot, les pavillons actuellement proposés peuvent changer de mains. Les règles patrimoniales continueront, elles, à maintenir un cadre commun entre ces propriétés différentes.

Sources consultées
  1. Hauts-de-Seine HabitatNos logements en vente
  2. Hauts-de-Seine HabitatLa cité-jardins de Gennevilliers, un patrimoine, une histoire
  3. Le Parisien« Si on ne fait rien, la cité va continuer à se dégrader… » à Gennevilliers, fronde à la cité-jardin
  4. LégifranceCode de la construction et de l’habitation, articles L443-11 à L443-13
  5. Géoportail de l’urbanismeLe patrimoine remarquable : paysages naturels et urbains