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À Meudon, on teste déjà les instruments de l’astronomie des années 2030

Pour les 150 ans du site de Meudon, le LIRA intègre l’optique adaptative de MICADO pour l’ELT et teste sous vide AIRS, le spectromètre de la mission Ariel.

Illustration - Instruments astronomiques testés à Meudon

À Meudon, des instruments destinés à l’astronomie des années 2030 sont déjà en intégration et en test. En 2026, les équipes du LIRA y intègrent l’optique adaptative de MICADO, destinée au futur télescope géant européen ELT, tandis qu’elles testent AIRS, un spectromètre infrarouge de la mission spatiale Ariel. Dans les deux cas, le travail porte déjà sur du matériel réel, mais à des étapes différentes.

MICADO doit équiper l’ELT, actuellement construit au Chili autour d’un miroir primaire de 39 mètres. Une telle surface ne suffit pourtant pas à obtenir des images nettes depuis le sol : les turbulences atmosphériques déforment en permanence la lumière reçue. MICADO disposera donc notamment d’un système d’optique adaptative, SCAO, capable de mesurer ces perturbations à partir d’une étoile et de commander leur correction en temps réel. Le LIRA pilote la contribution française au système SCAO de MICADO.

Le banc en fibres de carbone qui recevra les sous-systèmes SCAO a été conçu par le LIRA, fabriqué en Allemagne par CarbonVision puis livré sur le campus en mars. Il doit garantir le positionnement des éléments optiques au dixième de millimètre, avec une planéité de cinq centièmes de millimètre par mètre. En avril, les équipes avaient aligné la quasi-totalité des sous-ensembles opto-mécaniques dans la salle blanche. L’intégration, le développement du logiciel de contrôle et les tests doivent se poursuivre à Meudon jusqu’en 2028, avant l’assemblage final de MICADO en Allemagne.

À quelques bâtiments de là, le problème est différent : reproduire l’environnement spatial avant d’y envoyer un instrument. Depuis avril, le modèle d’ingénierie d’AIRS est installé dans SimEnOm, la chambre à vide cryogénique du LIRA. Jusqu’en octobre, il y est soumis à une campagne d’essais, avec notamment un banc optique simulant le télescope pour mesurer les performances du spectromètre. L’instrument partira ensuite au Rutherford Appleton Laboratory, au Royaume-Uni, pour poursuivre son intégration.

AIRS doit voler à bord d’Ariel, dont l’Agence spatiale européenne prévoit le lancement en 2031. La mission étudiera l’atmosphère d’environ un millier d’exoplanètes. Meudon n’en construit donc pas à lui seul les instruments : son rôle se situe dans l’intégration, l’alignement et les essais de systèmes optiques avant leur départ vers un télescope ou l’espace.

Jules Janssen fonde en 1876 à Meudon un observatoire consacré à l’astrophysique, alors discipline nouvelle. Cent cinquante ans plus tard, le campus conserve les équipes et les équipements capables d’intégrer et d’éprouver des instruments pour des programmes européens comme MICADO et Ariel.

Les 26 et 27 septembre, STAR’s UP célèbre ces 150 ans au Hangar Y, avec conférences, ateliers et rencontres. L’entrée est gratuite et la réservation conseillée : réserver son entrée au festival. Sur le campus voisin, le banc de MICADO restera en intégration jusqu’en 2028 et AIRS doit encore passer plusieurs semaines dans la cuve de SimEnOm.

Sources consultées
  1. LIRA — Observatoire de Paris-PSLUne nouvelle étape franchie dans les intégrations de l’optique adaptative de MICADO
  2. LIRA — Observatoire de Paris-PSLLivraison du banc de l’optique adaptative de MICADO
  3. LIRA — Observatoire de Paris-PSLDémarrage des tests de l’instrument AIRS de la mission ARIEL
  4. European Southern ObservatoryMICADO
  5. Agence spatiale européenneAriel
  6. Hangar YStar’s Up 2026