
Au 121 rue d’Aguesseau, à Boulogne-Billancourt, le hasard est précédé de beaucoup de préparation. Pour la première fois, FDJ UNITED ouvre ce week-end au public les studios où sont réalisés les tirages du Loto, à l’occasion des Journées européennes du patrimoine et des 50 ans du jeu. Les visites d’1 h 30 des 19 et 20 septembre affichent complet et environ 900 personnes sont attendues. Le programme officiel indique toutefois que des places peuvent se libérer en cas d’annulation : les personnes majeures peuvent vérifier si un créneau s’est libéré sur le formulaire d’inscription.
La visite dévoile surtout ce que les quelques minutes vues à la télévision ne montrent jamais. Dès 17 heures, les équipes préparent le plateau et répètent avec les véritables sphères et des boules de test. Le tirage commence vers 20 h 20 et dure 1 minute 45. L’animateur enregistre ensuite l’émission, calibrée sur 1 minute 30, avant les dernières vérifications précédant la diffusion sur TF1. Plusieurs dizaines de personnes interviennent au fil de cette chaîne de production. Julien Challet, responsable des opérations de tirage, en résumait vendredi le paradoxe lors de la visite de presse : « Le seul moment où il y a du hasard dans une soirée loto, c’est pendant le tirage. »
Autour de ce bref tirage, les contrôles s’enchaînent. Sur le plateau vert où les décors seront incrustés, une petite sphère transparente est entourée de caméras. Machines et boules sont vérifiées par un organisme certificateur, puis inspectées avant chaque tirage par un commissaire de justice. Les boules sont conservées sous scellés dans un coffre qui ne peut être ouvert qu’à deux : une clé est détenue par le commissaire, l’autre par un salarié de FDJ. Pour le week-end, les anciennes machines de tirage ont également été ressorties.
À Boulogne, cette mécanique mobilise aussi une équipe de production audiovisuelle. ImSoPROD, la filiale de production de FDJ UNITED, réunit chargés de production, régisseurs, techniciens de l’image, du son et de la lumière, scriptes et monteurs. Dans les quatre studios, le tirage est préparé et mis en images pour la télévision. C’est la partie la moins visible du Loto : derrière une boule numérotée se trouvent aussi une régie, des répétitions, des caméras et des équipes qui doivent tenir le minutage à la seconde près.
Cette première ouverture tombe l’année des 50 ans du Loto. Le premier tirage du jeu sous sa forme actuelle a eu lieu le 19 mai 1976 : 73 690 bulletins avaient alors été vendus. Cinquante ans plus tard, ce rituel national a toujours une adresse bien réelle dans les Hauts-de-Seine.
Ce week-end, les visiteurs peuvent donc voir ce que l’écran efface d’ordinaire : le plateau vert, le coffre à deux clés, les anciennes machines et les gestes de ceux qui préparent le tirage. Puis, vers 20 h 20, après des heures à tester, répéter et contrôler, la petite sphère transparente devient enfin le seul endroit de la rue d’Aguesseau où personne ne sait ce qui va se passer.