
Un cèdre planté vers 1750, un catalpa couché par une tempête, un platane à quatre troncs, mais aussi 106 cèdres de l’Atlas et 144 cerisiers du Japon : samedi 19 septembre, neuf arbres et deux ensembles arborés des Hauts-de-Seine doivent recevoir les labels d’A.R.B.R.E.S. À quelques kilomètres de distance, ils racontent près de trois siècles d’histoire des jardins du sud du département.
Six des arbres poussent à l’Arboretum de la Vallée-aux-Loups, à Châtenay-Malabry : charme fastigié, cèdre du Liban, chêne à feuilles de myrsine, cyprès chauve, séquoia toujours vert et tulipier de Virginie. Le doyen est le cèdre du Liban, dont la plantation est estimée vers 1750. Mais l’abondance d’arbres anciens du site s’explique surtout par une histoire horticole. En 1890, les pépinières Croux s’installent dans le domaine et utilisent son jardin comme parc de démonstration pour leur clientèle. Une grande partie des arbres centenaires actuels est issue de cette vitrine végétale.
À quelques pas, le catalpa de la Maison de Chateaubriand raconte une histoire plus personnelle. Une tempête l’a couché sans le tuer : tronc, racines et branches forment aujourd’hui une masse presque horizontale qui continue de pousser. Sa plantation par Chateaubriand reste une hypothèse, mais elle est cohérente avec le jardin qu’il composa après son installation en 1807. L’écrivain y plantait des essences venues de régions liées à ses voyages et à ses souvenirs.
Deux autres arbres distingués se trouvent au parc départemental de la Roseraie : un platane d’Orient à quatre troncs et un pin noir d’Autriche planté en 1857, vestiges du parc dessiné au XIXe siècle par Louis-Sulpice Varé. À Sceaux, ce sont deux ensembles entiers qui sont distingués : une allée de 106 cèdres de l’Atlas et le bosquet nord de 144 cerisiers du Japon, dont certains approchent le siècle. Ces derniers ne sont plus seulement un décor historique. Leur floraison est devenue le cœur du Hanami de Sceaux. Le Département indique que le Domaine de Sceaux a accueilli près de 550 000 visiteurs pendant la période de floraison au printemps 2025.
A.R.B.R.E.S. ne distingue d’ailleurs pas les arbres pour leur seul âge. L’association retient aussi leurs dimensions, leur esthétique, leurs particularités, leur situation ou leur histoire. Son label n’a pas de valeur juridique propre. Une convention engage en revanche le propriétaire à protéger, entretenir et mettre en valeur le sujet distingué, avec notamment un panneau de présentation. Pour les deux groupes de Sceaux, il existe depuis 2012 un label spécifique d’« Ensemble arboré remarquable ».
La remise des labels est prévue de 11 h à 14 h à l’Arboretum de la Vallée-aux-Loups, avec visites guidées et rencontres autour de l’histoire et de l’écologie des arbres. Elle se déroulera non loin d’un vétéran déjà distingué : le cèdre bleu pleureur de l’Atlas, labellisé en 2001, dont les branches s’étendent aujourd’hui sur environ 680 m².
Sources consultées
- Conseil départemental des Hauts-de-SeineOnze arbres remarquables des Hauts-de-Seine distingués
- Association A.R.B.R.E.S.Arbre remarquable de France et Ensemble arboré remarquable
- Domaine départemental de la Vallée-aux-LoupsHistoire et botanique
- HDSRencontre avec des arbres remarquables
- Conseil départemental des Hauts-de-SeineHanami, célébrer la floraison des cerisiers japonais au Domaine de Sceaux