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À Gennevilliers, Safran prépare une presse de 30 000 tonnes pour suivre la cadence des moteurs d’avion

Prévue pour 2029, la presse de 30 000 tonnes doit produire jusqu’à 14 000 pièces de moteurs par an. Le projet est désormais suivi selon la méthode « Notre-Dame ».

Illustration - Presse hydraulique de forge

Une presse hydraulique de 30 000 tonnes doit entrer en service en 2029 chez Safran Aircraft Engines à Gennevilliers. Depuis le 12 septembre, le projet industriel présenté par la préfecture à l’échelle de Gennevilliers et Colombes est désormais suivi selon la méthode « Notre-Dame », le dispositif par lequel l’État tente d’accélérer les investissements industriels jugés stratégiques.

La machine de Gennevilliers répond d’abord à un problème de capacité. Safran prévoit de presque doubler la production du site d’ici 2035, alors que montent simultanément les cadences du moteur civil LEAP et les besoins des programmes militaires. À pleine charge, la nouvelle presse doit façonner 14 000 pièces par an. L’investissement atteint 150 millions d’euros et Safran annonce 130 créations d’emplois dès 2026.

Le forgeage intervient très en amont de la fabrication d’un moteur, mais sur des pièces difficiles à banaliser. À Gennevilliers sont produits notamment des disques de turbine et de soufflante ou des arbres de turbine, des éléments tournant à grande vitesse et soumis à de fortes contraintes thermiques et mécaniques. Les futurs moteurs civils demanderont aussi des pièces de plus grande dimension, pour lesquelles Safran dit avoir besoin d’une presse de fort tonnage.

Ajouter cette capacité ne consiste donc pas simplement à acheter une machine. Lors d’une visite du site en avril, Le Monde décrivait une forge fonctionnant déjà jour et nuit et des opérateurs dont la spécialisation peut demander jusqu’à cinq ans. La montée en cadence aéronautique se heurte ainsi à une contrainte industrielle simple : certaines capacités de forge et les compétences qui les accompagnent demandent des années à développer.

Gennevilliers possède précisément ce savoir-faire. Le site travaille la forge, la fonderie et l’usinage depuis plus de 120 ans et emploie aujourd’hui près de 1 500 personnes. Ces trois activités y sont réunies pour fabriquer plusieurs familles de pièces de moteurs. La nouvelle presse doit augmenter cette capacité existante plutôt que créer une activité nouvelle.

Depuis le 12 septembre, l’État cherche surtout à sécuriser le calendrier. La méthode « Notre-Dame » prévoit un pilotage interministériel resserré pour identifier plus rapidement les obstacles réglementaires ou administratifs qui ralentissent les projets. Elle n’ajoute pas, à ce stade, de nouveau financement annoncé aux 150 millions d’euros investis par Safran. La préfecture présente le grand projet stratégique comme s’étendant sur Gennevilliers et Colombes, sans détailler publiquement la répartition précise des opérations entre les deux communes.

Le calendrier donne la mesure du pari : les moteurs montent déjà en cadence, tandis que la nouvelle capacité de forge n’arrivera qu’en 2029. À Gennevilliers, le résultat pourra alors se mesurer sans grand discours : une presse de 30 000 tonnes en production, capable de sortir jusqu’à 14 000 pièces par an.

Sources consultées
  1. Safran Aircraft EnginesSafran modernise et renforce les capacités de forge de son site historique de Gennevilliers
  2. SafranGennevilliers
  3. Direction générale des EntreprisesLe ministre Sébastien Martin nomme Olivier Tainturier coordonnateur des projets industriels dits « Notre-Dame »
  4. Préfet des Hauts-de-SeineLa méthode « Notre Dame » désormais déployée dans les Hauts-de-Seine
  5. Le MondeSafran se lance dans une course contre la montre pour augmenter sa production de moteurs d’avion