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À Villeneuve-la-Garenne, le réemploi des bacs de cantine devient une industrie

Neuf tunnels, 22 robots et plus de 35 millions d’euros : à Villeneuve-la-Garenne, la SEMELOG industrialise le lavage et le réemploi des contenants de cantine.

Illustration d’une laverie industrielle de cantine

À Villeneuve-la-Garenne, réutiliser un bac de cantine mobilise neuf tunnels de lavage, 22 robots et une usine de 5 000 m². La SEMELOG doit inaugurer ce jeudi 10 septembre cette installation déjà en service depuis janvier, conçue pour industrialiser une opération beaucoup moins simple qu’elle n’en a l’air.

Depuis janvier 2025, les cantines scolaires et universitaires ainsi que les établissements accueillant les moins de six ans doivent abandonner les contenants plastiques pour la cuisson, la réchauffe et le service, avec un délai jusqu’en 2028 pour les petites collectivités. Passer à l’inox règle le problème du jetable, mais en crée un autre : chaque jour, des milliers de bacs sales doivent revenir des cantines, être lavés, séchés, contrôlés, stockés puis repartir vers les cuisines centrales.

Faire ce travail dans chaque cuisine réclamerait de la place, des machines et du personnel. La SEMELOG a choisi l’autre modèle : concentrer toute cette boucle à Villeneuve-la-Garenne et la mutualiser entre collectivités.

L’échelle explique la machinerie. Certains des neuf tunnels atteignent 24 mètres et lavent à haute pression. Les robots prennent en charge une partie des manipulations, tandis que quatre QR codes gravés au laser sur chaque élément permettent de suivre les rotations et les stocks. Des caméras contrôlent également les pièces en sortie. L’usine est dimensionnée pour traiter jusqu’à 130 000 éléments par jour, dont environ 40 000 contenants alimentaires.

L’innovation tient moins au contenant lui-même qu’à l’organisation du flux industriel : récupérer les bacs au bon endroit, les traiter assez vite pour qu’ils repartent, éviter les pertes et tenir les exigences sanitaires sans demander à chaque collectivité d’exploiter sa propre laverie.

Cette organisation a un prix. La SEMELOG chiffre désormais l’investissement à plus de 35 millions d’euros, dont 999 000 euros apportés par l’ADEME. Elle doit surtout faire monter l’outil en charge. En mai, l’ADEME indiquait une activité correspondant à 60 000 repas par jour, avec 90 000 visés en septembre, 120 000 en 2027 puis 160 000 à terme. Aucun chiffre opérationnel plus récent ne permet, ce 10 septembre au matin, d’affirmer que le palier des 90 000 repas est déjà atteint.

Le projet est né dès 2018 des besoins du SYREC et de Tables Communes, avant la création de la SEMELOG en 2022. Villeneuve-la-Garenne accueille désormais l’infrastructure industrielle de cette boucle. Alors que les collèges du département continuent aussi de réorganiser la production de leurs repas, le site des Chanteraines en assure l’autre bout : laver les contenants et les remettre en circulation pour qu’ils retournent, jour après jour, à la cantine.

Sources consultées
  1. ADEME InfosBannir le plastique des cuisines centrales : la Semelog invente un modèle
  2. SEMELOGComment ça marche
  3. SEMELOGQui sommes-nous ?
  4. Ministère de la Transition écologiqueDéplacement de Mathieu Lefèvre dans les Hauts-de-Seine consacré à la fin des contenants de réchauffe dans la restauration collective et à la transition écologique des territoires
  5. LégifranceArticle 28 de la loi n° 2018-938 du 30 octobre 2018