
Entre la rue Gabriel-Péri, la rue d’Estienne-d’Orves et l’école Marcel-Pagnol, Colombes veut transformer les terrains de l’îlot 26 en un parc public de 9 900 m² à terme. Son ouverture est désormais annoncée pour l’été 2027. Derrière ce futur jardin se joue surtout l’affectation d’un foncier rare en proche banlieue : près d’un hectare doit être consacré à un espace public végétalisé.
Car l’histoire de l’îlot aurait pu être tout autre. En 2010, une étude commandée par la Codevam, ancien aménageur du secteur, y avait identifié un potentiel de 12 500 m² SHON de logements, dont 30 % de logements sociaux. Un projet architectural avait ensuite été élaboré avec Colombes Habitat Public et Kaufman & Broad. Après une modification des règles d’urbanisme, le potentiel avait été ramené à environ 8 300 m² de surface de plancher. La coopération avec le promoteur s’est arrêtée en 2013.
La programmation a ensuite évolué. Une nouvelle mission d’urbanisme et de paysage a été lancée en 2021, puis la concertation sur le parc en 2022. Le terrain porte encore la trace de son passé maraîcher dans son découpage en parcelles. Ce morcellement foncier impose une réalisation par étapes, tous les terrains de l’îlot n’ayant pas été maîtrisés au même moment.
En mars 2024, Colombes a ainsi approuvé l’acquisition auprès d’éCo.urbain de six parcelles de la rue Gabriel-Péri représentant 3 227 m². La première phase du parc doit porter sur 6 577 m², avant d’atteindre 9 900 m² à terme. Le budget municipal avait par ailleurs programmé 600 000 euros de crédits pour l’îlot 26 en 2025. Le coût total du parc n’est pas publié de manière suffisamment claire dans les documents consultés.
Le calendrier a lui aussi évolué. Lors de la signature du mandat de conception-réalisation en 2024, éCo.urbain annonçait une première phase au troisième trimestre 2025 et une livraison complète au premier semestre 2026. La Ville vise désormais l’été 2027. Le programme présenté en septembre prévoit notamment des espaces de jeux pensés pour mieux accueillir les personnes neuro-atypiques et une végétation choisie pour diversifier le parc et mieux supporter les conditions urbaines.
L’îlot 26 montre ainsi pourquoi créer de la nature en ville ne consiste pas seulement à planter des arbres. Il faut d’abord réunir le foncier, lui donner une nouvelle destination, financer sa transformation et accepter un chantier par étapes. Devant Marcel-Pagnol, ce travail doit finir par produire quelque chose de beaucoup plus simple : près de 10 000 m² de parc ouverts au quartier.