
Mercredi 19 août, vers 16 heures, près de 150 policiers ont investi Pablo-Picasso à Nanterre. CRS, unités spécialisées, équipes cynophiles, contrôles d’identité et de véhicules : le déploiement était inhabituellement visible.
Il s’inscrit pourtant dans une série beaucoup plus longue. Depuis le début de l’année, la Préfecture de police compte à Nanterre 83 opérations contre les points de deal et 173 personnes placées en garde à vue pour trafic de stupéfiants. Elle annonce également la saisie de 42 kg de cannabis et de 2 kg de cocaïne sur la commune.
Avec plus de dix opérations par mois en moyenne depuis janvier, la lutte contre le trafic apparaît moins comme une succession de grands coups que comme un travail de pression répété. Dans son bilan du 20 août, la Préfecture dit combiner « présence quotidienne sur le terrain », opérations répétées et travail judiciaire pour empêcher les trafiquants de se réinstaller après le passage des policiers.
C’est précisément le problème qui se pose à Pablo-Picasso. En juillet, la Ville avait recensé quatre fusillades en quinze jours et deux blessés. Des CRS avaient alors été déployés pendant deux nuits à Parc Sud. Le maire Raphaël Adam demandait une présence policière « permanente et renforcée ». La Clé Publique avait détaillé cet écart entre renfort d’urgence et présence durable.
Le 19 août, cette continuité a pris une autre forme : non pas l’installation annoncée de CRS dans le quartier, mais le retour de différents services sur les points de deal. La Préfecture revendique explicitement cet objectif d’empêcher leur réinstallation.
Les chiffres publiés mesurent toutefois l’activité policière sur l’ensemble de Nanterre depuis janvier, pas le résultat du seul mercredi 19 août. Aucun bilan distinct d’interpellations ou de saisies pour cette opération n’a été rendu public. Ils ne suffisent donc pas à établir que le trafic de Pablo-Picasso a durablement reculé.
Mais ils permettent de mesurer l’effort engagé : 83 opérations en moins de huit mois dans une seule commune. Après les fusillades de juillet, l’enjeu à Pablo-Picasso est désormais de savoir si cette répétition suffit à empêcher le point de deal de reprendre sa place une fois les policiers partis.