
À Nanterre, la plateforme pharmaceutique de l’AP-HP a désormais besoin d’un spécialiste maîtrisant à la fois l’automatisme, la robotique, l’informatique industrielle et la logistique. L’AGEPS a publié le 13 août une offre pour un référent technique chargé de maintenir et fiabiliser les robots qui stockent les médicaments, préparent les commandes et produisent des doses unitaires.
L’offre officielle de l’AP-HP situe bien le poste à Nanterre, au service Approvisionnement et Distribution. Elle apporte surtout une information nouvelle sur l’échelle du système : six robots assurent aujourd’hui la distribution des boîtes, tandis qu’une chaîne distincte prépare les doses unitaires. Un programme d’investissement vise désormais une capacité de 21 robots à l’horizon 2027.
Le dispositif fonctionne dans une plateforme logistique de 20 000 m² qui reçoit près de 200 palettes de produits de santé par jour. En 2025, l’ensemble de la plateforme alimentait 37 sites hospitaliers et 26 pharmacies à usage intérieur. La chaîne de doses unitaires produisait alors plus de deux millions de doses par an pour environ 400 références.
L’AGEPS centralise à Nanterre la fabrication de doses identifiables une par une, plutôt que de laisser chaque hôpital reconditionner lui-même les médicaments destinés aux traitements individuels. Les pharmacies hospitalières peuvent ensuite assembler localement les traitements prescrits aux patients. Ce modèle a notamment été développé après les difficultés de qualité et de sécurité rencontrées par plusieurs projets locaux de dispensation nominative.
Mais automatiser des médicaments est plus compliqué qu’automatiser des cartons identiques. Une étude menée par l’AGEPS sur deux appels d’offres l’illustre bien : parmi 111 lots testés pour les robots de doses unitaires, 14 étaient incompatibles. Blisters courbés, ouverture difficile, format inadapté ou dose mal positionnée peuvent suffire à enrayer le processus. Le choix d’un médicament doit donc désormais tenir compte de sa capacité à passer physiquement dans les machines.
Le recrutement actuel intervient à cette frontière. Le futur référent devra suivre les deux lignes de production, diagnostiquer les défauts, paramétrer les automates, intégrer de nouvelles références dans les systèmes, gérer le stock de pièces détachées et surveiller les interfaces avec le logiciel de gestion d’entrepôt. Il sera aussi l’interlocuteur des constructeurs.
À Nanterre, la robotisation pharmaceutique a donc dépassé le stade de l’installation remarquable que l’on inaugure. Avec un parc appelé à grandir, des milliers de références possibles et des hôpitaux qui dépendent de ses flux, sa difficulté quotidienne est désormais celle de toute infrastructure industrielle : continuer à tourner lorsque les médicaments, les logiciels et les machines changent.
Sources consultées
- AP-HPRéférent technique des systèmes robotisés et automatisés pharmaceutiques F/H
- Fédération hospitalière de FranceRéférent technique systèmes robotisés automatisés pharmaceutiques F/H
- HospimediaUne chaîne robotisée unique en Europe facilite la production de doses unitaires à Nanterre
- AGEPS - AP-HPMarché de médicaments : pertinence des critères d’évaluation de compatibilité avec les robots