
À Gennevilliers, SECAN est en redressement judiciaire depuis le 1er juillet et cherche un repreneur. Les offres sont attendues avant le 10 septembre à midi pour cette entreprise de 195 salariés, qui conçoit des équipements de gestion thermique pour avions, hélicoptères et systèmes de défense.
SECAN fabrique notamment des échangeurs thermiques. Comme un radiateur, ils font passer la chaleur d’un fluide à un autre. Dans un appareil aéronautique, l’échangeur doit prendre peu de place, rester léger et résister à la pression, aux vibrations et aux températures élevées. Ces équipements servent par exemple au refroidissement de circuits hydrauliques ou de lubrification, à la climatisation et à la gestion thermique d’équipements embarqués.
À Gennevilliers, ces pièces sont conçues et produites sur le même site, avec mise en forme des métaux, usinage, traitement de surface, brasage sous vide ou au bain, soudage, radiographie, ressuage et essais de pression ou de performance. Plusieurs de ces procédés sont certifiés Nadcap. L’entreprise dispose également d’agréments aéronautiques pour produire et réparer des matériels civils et militaires.
Cette activité de réparation prolonge la vie d’équipements parfois bien après l’arrêt de leur fabrication. SECAN cite parmi les appareils sur lesquels elle intervient les Airbus A320, A330 et A340, des Falcon, ainsi que le Rafale et le Mirage 2000. L’offre porte donc sur un atelier, mais aussi sur des qualifications, des procédés spéciaux et des compétences accumulées sur des matériels très différents.
La difficulté économique ne date pas entièrement de 2026. Le chiffre d’affaires de SECAN est passé de 19,7 millions d’euros en 2021 à 28,1 millions en 2024, mais son résultat d’exploitation est resté négatif jusqu’en 2023 et n’a dégagé que 36 000 euros en 2024.
En 2025, la dégradation est beaucoup plus brutale. Le chiffre d’affaires recule à 26,2 millions d’euros, tandis que le résultat d’exploitation tombe à -5,82 millions et la perte nette dépasse 6 millions. Les sources publiques disponibles ne permettent pas d’identifier précisément la cause de cette dégradation.
SECAN avait déjà traversé une sauvegarde accélérée en 2023. En novembre de la même année, Tikehau Capital avait investi dans l’entreprise via sa stratégie consacrée à l’aéronautique et à la défense. La procédure actuelle intervient donc moins de trois ans après cette première restructuration.
En 2025, le chiffre d’affaires de la filière française de l’aéronautique et du spatial a progressé de 11,9 %, à 85,6 milliards d’euros selon le GIFAS, avec une activité soutenue dans le civil comme dans la défense. Cette croissance nationale n’explique pas les comptes de SECAN, mais elle montre qu’un marché porteur ne suffit pas à garantir la solidité de chacun de ses équipementiers.
Au 17 août, l’appel d’offres publié par l’administrateur judiciaire reste ouvert jusqu’au 10 septembre à midi. À Gennevilliers, il concerne 195 salariés et une chaîne complète, de la conception thermique à la fabrication, au contrôle et à la réparation aéronautique.
Sources consultées
- AJRS Restructuring & SolutionsEntreprises à céder – Société d'études et de constructions aéro-navales
- Le Figaro EntreprisesSociété Études Constructions Aéronavales – SECAN
- PappersSECAN Société Études Constructions Aéronavales
- SECANExpertise
- GIFASRésultats 2025 : une filière aéronautique et spatiale solide qui maintient son cap vers l’avenir