Douze cités-jardins, racontées à partir de rencontres entre artistes et habitants. Jusqu’au 20 septembre, le Musée d’histoire urbaine et sociale de Suresnes présente « Les cités-jardins, une utopie habitée », une exposition issue de résidences artistiques menées dans ces quartiers franciliens. À Suresnes, l’illustrateur Guillaume Reynard a travaillé sur la cité-jardins locale.
À quelques rues du MUS, la cité-jardins de Suresnes occupe près de 34 hectares. Construite entre 1921 et 1956, principalement sous la direction de l’architecte Alexandre Maistrasse, elle associait immeubles, pavillons, espaces verts et équipements collectifs. Les premiers logements disposaient déjà de l’eau courante, de l’électricité, du tout-à-l’égout et de WC. Écoles, bains-douches, dispensaire, square puis théâtre sont venus compléter ce morceau de ville conçu pour rendre le logement populaire plus sain et plus agréable.
Un siècle plus tard, cette histoire ne se lit pas seulement sur des plans. Le square Léon-Bourgeois, les écoles, les façades de briques et le théâtre Jean-Vilar appartiennent toujours au quotidien du quartier. La cité-jardins bénéficie aujourd’hui du statut de Site patrimonial remarquable et du label Patrimoine d’intérêt régional, mais elle n’est pas devenue un décor figé.
Pour les dix ans de l’Association régionale des cités-jardins d’Île-de-France, douze résidences artistiques ont été organisées en 2025 dans autant de cités-jardins. Les artistes ont rencontré des habitants et participé à des ateliers avant de produire les récits réunis dans l’ouvrage dont sont tirés les douze panneaux présentés au MUS. L’architecture reste le cadre ; les souvenirs et les usages viennent rappeler pourquoi ces ensembles avaient été construits.
À Suresnes, l’idée ancienne d’associer logement, verdure, hygiène, éducation et culture peut encore se vérifier en marchant quelques minutes hors du musée. Le MUS est actuellement fermé pour sa pause annuelle, du 3 au 16 août inclus. L’exposition reste ensuite visible jusqu’au 20 septembre.
Puis il suffit de sortir de l’ancienne gare de Suresnes-Longchamp. Dans les briques, les squares et les équipements toujours utilisés, l’utopie est devenue depuis longtemps une adresse ordinaire.