
Dans la nuit du 30 au 31 juillet, une pelle de démolition doit entrer dans l’hôpital Ambroise-Paré par la rue des Menus, à Boulogne-Billancourt. Après le curage et le désamiantage du bâtiment, la démolition doit commencer en août.
Dans le quartier, 18 places de stationnement seront neutralisées pendant environ un mois et demi afin de créer un accès réservé aux véhicules du chantier. Des capteurs doivent suivre le bruit, les vibrations et les poussières. Cette première opération est nécessaire pour reconstruire un grand hôpital sans fermer celui qui soigne déjà.
Le terrain dégagé accueillera le bâtiment « BAC », un édifice de 7 700 m² prévu pour 2029. Il réunira des laboratoires, le restaurant du personnel et des services administratifs. Ces fonctions devront d’abord quitter leurs locaux actuels afin de libérer de la place pour la suite des travaux.
Le chantier fonctionne donc comme un jeu de taquin hospitalier. Chaque déplacement de service rend possible le suivant, tandis qu’Ambroise-Paré continue de recevoir ses patients. L’AP-HP avait envisagé une dizaine d’opérations successives impliquant de nombreux déménagements temporaires sur environ dix ans. Elle a finalement jugé ce scénario trop complexe, trop long et trop perturbant pour un site maintenu en activité.
Le programme doit maintenant être révisé avant le concours d’architecture de la deuxième phase, dont le jury reste prévu au premier trimestre 2027. L’objectif est de réduire les déménagements temporaires et de raccourcir le chantier.
L’objectif médical demeure de réunir à Boulogne-Billancourt, à sept kilomètres du site de Garches, les activités d’Ambroise-Paré et de Raymond-Poincaré. Ambroise-Paré concentre notamment les urgences, la chirurgie et plusieurs soins spécialisés. Raymond-Poincaré est reconnu pour la prise en charge du handicap neuro-locomoteur, la neuropédiatrie, la rééducation et la médecine hyperbare.
Ce rapprochement répond aussi aux limites du site de Garches. Son organisation pavillonnaire complique les déplacements des patients et des équipes. Sa pente, sa desserte en transports collectifs, la présence d’amiante et les travaux nécessaires pour la sécurité incendie rendent sa modernisation difficile.
Le cadrage présenté par l’AP-HP en avril 2026 prévoit 592 lits d’hospitalisation complète, soit 51 de moins que dans le scénario précédemment validé, et 276 places de jour, soit 40 de plus. Cette évolution suppose davantage de chirurgie ambulatoire, d’hôpitaux de jour, d’équipes mobiles et de soins à domicile. Elle ne consiste donc pas seulement à déplacer des bâtiments, mais aussi à parier sur une autre organisation des soins.
Le dernier coût global publié reste celui du programme de 2023, fixé à 334 millions d’euros, équipements compris. Il n’a pas été actualisé dans le point d’étape d’avril 2026, alors que la deuxième phase du projet est en cours de révision.
Rue des Menus, la transformation commencera par dix-huit places neutralisées, une pelle livrée de nuit et l’espace qu’un hôpital doit réussir à créer sans cesser de fonctionner.
Sources consultées
- Assistance publique – Hôpitaux de ParisActualités chantier n°2 – Juillet 2026
- Commission médicale d’établissement de l’AP-HPPoint d’étape du projet Nouveau Garches à Ambroise-Paré, 21 avril 2026
- Assistance publique – Hôpitaux de ParisProjet « Nouveau Garches à l’hôpital Ambroise-Paré » : Groupe-6, lauréat du concours d’architecture
- Mission régionale d’autorité environnementale d’Île-de-FranceAvis sur le projet hospitalier « Nouveau Garches Ambroise Paré »