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Après la mort de Bryann au Plessis-Robinson, ses parents veulent écrire les droits des familles

Après la mort de leur fils en crèche, les parents de Bryann ont rédigé onze mesures pour renforcer l’information, les enquêtes et la sécurité.

Parents devant une crèche du Plessis-Robinson

Le 21 mars 2025, pendant le déjeuner à la crèche municipale des P’tits Pirates, au Plessis-Robinson, Bryann, 20 mois, s’étouffe avec un morceau de banane. Les professionnelles présentes pratiquent les premiers gestes, le Samu intervient et l’enfant est transféré à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre. Il meurt une semaine plus tard.

Depuis, ses parents, Laurent Mayeuf et Valiantsina Hlazkova, ont créé l’Association Bryann, désormais installée à Béthune. Leur site fait se succéder les photographies de l’enfant, le récit de sa mort et douze articles rédigés dans le langage d’un texte de loi. La mémoire familiale y prend peu à peu la forme d’une campagne publique.

Les parents indiquent avoir appris en juin 2026 le classement sans suite de leur plainte et avoir engagé un recours. Ils affirment surtout ne pas avoir obtenu de récit cohérent des circonstances de l’accident. Les témoignages et comptes rendus reproduits sur leur site diffèrent notamment sur la quantité et la présentation des aliments servis à Bryann. Les documents publiquement disponibles ne permettent pas d’établir les responsabilités. Ils expliquent en revanche ce que la famille cherche désormais à obtenir : des traces conservées, une chronologie et un examen extérieur lorsqu’un accident grave survient dans une crèche.

La « loi Bryann » rassemble onze mesures, complétées par un article sur leur entrée en vigueur. Une famille devrait recevoir sous vingt-quatre heures un compte rendu écrit des faits et des secours apportés. Les registres de présence, menus, fiches de soins et enregistrements disponibles seraient conservés dix ans. Les rapports d’inspection deviendraient publics et chaque décès ou accident grave déclencherait une commission d’enquête indépendante. Un accompagnement juridique et psychologique gratuit serait également proposé aux proches.

Le texte va aussi plus loin sur la prévention. Il prévoit deux formations annuelles aux premiers secours et demande un professionnel pour trois enfants qui ne marchent pas, contre un pour cinq actuellement, et un pour cinq enfants marcheurs, contre un pour huit. La réglementation permet aussi aux crèches de choisir un taux moyen d’un professionnel pour six enfants. La proposition augmenterait donc sensiblement le nombre de professionnels requis dans les sections accueillant les enfants non marcheurs.

Malgré son nom, la « loi Bryann » n’est pas encore une proposition de loi parlementaire. Un tel texte doit être déposé par un député ou un sénateur. Les parents cherchent précisément un élu prêt à reprendre leur travail ; aucun relais politique n’est annoncé à ce stade. Leur pétition pour soutenir la loi Bryann recueille des signatures depuis son lancement en mai.

Le texte devra être expertisé, corrigé et ses mesures chiffrées avant de pouvoir entrer dans le droit. Après un drame, une famille ne devrait pas avoir à reconstituer seule ce qui s’est passé. Né d’un repas à la crèche des P’tits Pirates, le projet attend désormais qu’un parlementaire accepte de le déposer.

Sources consultées
  1. Ville du Plessis-RobinsonPetit Robinson n° 396, mai 2025
  2. Association BryannPour la Loi Bryann
  3. Change.orgPour une loi Bryann : protéger nos enfants en crèche
  4. Assemblée nationaleProposition de loi
  5. LégifranceArticle R. 2324-46-4 du code de la santé publique