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À Colombes, un retour du Racing 92 prévu pour cinquante ans

Le chantier d’Yves-du-Manoir est lancé pour une livraison visée au printemps 2027. Le Racing finance 22,8 millions d’euros de travaux sur une emprise départementale de 3,8 hectares.

Illustration du stade Yves-du-Manoir à Colombes

Les travaux ont commencé à Yves-du-Manoir. Le Racing 92 prépare son retour à Colombes dans une enceinte d’environ 14 000 places, dont la livraison est visée fin mars ou début avril 2027. Première transformation visible, l’ancien pavillon de pesage a été démoli en juillet. Le démarrage du chantier avait déjà été confirmé en juin par le président du club, Jacky Lorenzetti.

Le Racing doit financer 22,8 millions d’euros d’aménagements : adaptation de la tribune historique et des vestiaires, construction de deux nouvelles tribunes, puis création d’un bâtiment d’accueil avec boutique, bodega et espaces réceptifs. Le permis de construire prévoit un terrain synthétique et une configuration resserrée autour de la pelouse.

Ce chantier achève de transformer un projet de stade de secours en nouvelle résidence du club. En février 2025, le Racing présentait encore Colombes comme une solution de repli lorsque Paris La Défense Arena serait indisponible. Depuis son acquisition par Live Nation, la programmation de la grande salle de Nanterre doit accorder davantage de place aux concerts et aux grands événements. Le Racing n’y prévoit plus que quatre matchs à l’automne 2026, avant plusieurs rencontres délocalisées et son installation à Yves-du-Manoir.

Le retour repose sur un partage précis du domaine public. Le Département reste propriétaire du stade, mais l’acte conclu le 23 janvier 2026 promet au RCF Rugby une autorisation d’occupation de cinquante ans sur 38 025 m², soit 3,8 hectares, principalement destinés au rugby. Cette autorisation doit encore être formalisée définitivement. Une redevance fixe et variable est prévue.

Cette durée donne au club la stabilité nécessaire pour engager près de 23 millions d’euros. Cette partie du stade sera ainsi transformée sans que le Département finance les travaux, tandis qu’une redevance annuelle lui sera versée. Son montant et les obligations détaillées d’entretien ne figurent pas dans l’avis d’attribution publié en ligne.

La rénovation olympique achevée en 2024 avait déjà profondément transformé Yves-du-Manoir. Pour les Jeux et leur héritage, le Département a apporté 87,4 millions d’euros à la rénovation des 18 hectares du site. Celui-ci accueille désormais le hockey de haut niveau, mais aussi le football, les scolaires, les associations et les amateurs. La zone promise au Racing représente donc une partie du complexe, pas sa totalité.

L’accord a sa cohérence. Une enceinte de 14 000 places correspond mieux au public régulier du Racing qu’une salle couverte dépassant les 30 000 places, dont les dates sont disputées par les concerts et les grands événements. Le club retrouve une adresse stable sans que le Département finance ce nouveau programme de tribunes.

Jusqu’aux années 2070, le rugby doit ainsi devenir l’activité principale de 3,8 hectares publics dans un stade déjà partagé par plusieurs disciplines. À Colombes, le chantier devra trouver sa place parmi les autres usages d’Yves-du-Manoir, dont les conditions de cohabitation restent à formaliser.

Sources consultées
  1. Conseil départemental des Hauts-de-SeineAvis d’attribution d’une AOT constitutive de droits réels sur le stade départemental Yves-du-Manoir à Colombes
  2. Conseil départemental des Hauts-de-SeineLe stade départemental Yves-du-Manoir, pressenti comme nouvelle résidence du Racing 92
  3. Racing 92Communiqué officiel – Une nouvelle étape pour le Racing 92
  4. Rugbyrama« L’aventure humaine plutôt que les pépettes » : Lorenzetti conclut la saison du Racing 92
  5. HDS Mag, Conseil départemental des Hauts-de-SeineYves-du-Manoir à l’avant-garde des Jeux