
Levallois veut faire construire une nouvelle centrale de froid utilisant l’eau de Seine. La Ville a lancé une concession dont l’exploitation commencerait en janvier 2028, après une décision du conseil municipal le 22 juin. Les candidats ont jusqu’au 13 octobre pour remettre leur offre.
En septembre 2024, un second site avait déjà rejoint le réseau Cristalia, avec un stockage de glace représentant environ 10 millions d’euros d’investissements. Mais ce réservoir et la future centrale ne remplissent pas la même fonction.
Cristalia distribue depuis 2013 de l’eau refroidie dans des canalisations souterraines, principalement vers des bureaux, des commerces et des équipements publics. Sa centrale historique, située rue Jules-Verne, dispose d’une puissance de 13 MW. Le réseau s’étend sur environ six kilomètres et dessert quelque 300 000 m² de bâtiments. Fin 2024, ses abonnés totalisaient 24,1 MW de puissance souscrite. Tous ne demandent pas leur maximum au même instant, mais cette puissance donne la mesure d’un service devenu important dans une ville dense et très tertiaire.
Le stockage inauguré en 2024 conserve jusqu’à 20 MWh de froid et peut restituer 5,3 MW lors des pointes estivales. Il agit comme une réserve qui soulage la centrale Eiffel pendant les heures les plus chargées et sécurise le réseau. Il ne fournit pas en continu la capacité supplémentaire que recherche aujourd’hui la Ville.
La consultation lancée cet été vise donc un nouveau moyen de production : une centrale dont le fonctionnement doit utiliser l’eau de Seine. La puissance recherchée et le coût de l’équipement ne sont pas encore publics. Ces chiffres diront si Levallois prépare surtout une réserve supplémentaire ou une véritable extension de capacité.
Le montage financier est déjà plus précis. L’offre principale porte sur vingt-cinq ans, ce qui laisse au concessionnaire le temps de financer puis d’amortir la centrale grâce aux recettes de son exploitation. Les candidats doivent également présenter une variante de quatorze ans à compter de 2028. Dans ce cas, la Ville verserait à la fin du contrat la valeur comptable qui n’aurait pas encore été amortie.
Le choix oppose deux équilibres. Une longue concession laisse davantage de temps à l’exploitant pour récupérer son investissement. Une durée plus courte rend plus tôt la main à la collectivité, mais peut lui laisser une somme à régler lors de la reprise de l’installation. Levallois décide ainsi qui portera le financement et pendant combien de temps.
La consultation ne porte pas sur un réseau parallèle : l’avis prévoit que le service aux usagers passera par la délégation Cristalia. La future centrale est donc destinée à renforcer le réseau existant. Or le contrat actuel de Cristalia doit s’achever en septembre 2041. La variante de quatorze ans finirait presque au même moment, tandis que le contrat de vingt-cinq ans prolongerait l’exploitation de la centrale jusqu’en 2053 environ.
Au vu de la taille prise par Cristalia, l’ajout d’un nouveau moyen de production répond à la croissance du service. Son intérêt économique dépendra de la puissance et du prix proposés. Sous les rues de Levallois, les six kilomètres de canalisations pourraient alors être alimentés par la centrale historique, le stockage de glace et une nouvelle production utilisant la Seine.
Sources consultées
- Bulletin officiel des annonces des marchés publicsAvis n° 26-69464, délégation de service public pour l’installation et l’exploitation d’une centrale Eau de Seine
- Ville de LevalloisConseil municipal du 22 juin 2026, délibération n° 088
- Ville de LevalloisRapport annuel 2024 du réseau de froid de Levallois
- ENGIE SolutionsLe réseau de froid de Levallois développe ses moyens de production et de stockage