
Paris La Défense cherche un opérateur pour construire un petit ensemble immobilier bas carbone à Nanterre, dans le secteur Hoche. Le terrain appartient à l’établissement public. Il se situe dans le prolongement de l’écoquartier, sur environ 393 m², et doit accueillir un bâtiment de petite taille: trois à quatre logements selon la fiche de consultation, ou deux maisons de ville selon la présentation de Paris La Défense.
Les opérateurs ont jusqu’au 25 septembre 2026 à midi pour répondre à la consultation sur Achatpublic. Les logements sont prévus en accession libre, avec un prix plafond de vente fixé à 5 830 € TTC le mètre carré. Une majoration maximale de 200 € par mètre carré peut s’y ajouter si les critères prévus sont remplis. Le prix de cession du terrain, lui, n’apparaît pas dans la fiche publique consultée.
Le sujet n’est pas le volume. Trois ou quatre logements ne changent pas le marché immobilier de Nanterre. L’intérêt est ailleurs: cette consultation montre comment un aménageur public termine la ville après les grandes opérations. À Hoche, l’essentiel est déjà là. L’écoquartier, livré en 2015, couvre 4 hectares à l’ouest de la ZAC Seine-Arche. Il compte 640 logements, dont 40 % de logements sociaux, avec des espaces publics, des cheminements piétons, une gestion des eaux pluviales et un réseau de chaleur bi-énergies bois-gaz.
Le nouveau lot vient donc sur un morceau résiduel, pas sur une page blanche. C’est souvent dans ces interstices que la promesse d’un quartier se vérifie. Un grand programme peut afficher une ambition environnementale dans ses plaquettes. Une petite parcelle oblige à la rendre praticable: quelle hauteur, quel prix de sortie, quels matériaux, quel rez-de-chaussée, quelle insertion dans une rue déjà habitée ?
Paris La Défense demande un bâtiment utilisant des matériaux biosourcés, géosourcés et de réemploi. La conception devra limiter les besoins énergétiques, favoriser les circuits courts et réduire les déchets de chantier. Ces prescriptions s’inscrivent dans un mouvement plus large: avec la RE2020, la construction neuve prend en compte l’empreinte carbone du bâtiment sur son cycle de vie, du chantier aux matériaux.
Le choix est cohérent avec la stratégie affichée par Paris La Défense, qui veut diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre territoriales d’ici 2030. Mais il rend aussi la petite opération plus exigeante. Sur 393 m², il faut concilier architecture, bas carbone, prix plafonné et vente de quelques logements seulement. Construire plus banalement serait sans doute plus simple. Construire beaucoup plus dense serait difficile à faire accepter dans ce tissu de quartier.
Cette consultation dépasse donc son apparence de petite annonce foncière. Elle montre un établissement public pris entre trois tâches: vendre un terrain, produire du logement et faire respecter des exigences de matériaux, de prix et de forme urbaine à l’échelle d’un coin de rue. À Nanterre, la suite de l’écoquartier Hoche ne se jouera pas dans une tour, mais dans le choix d’un opérateur pour construire sur 393 m².
Sources consultées
- Paris La DéfenseConsultation d’opérateurs pour un petit ensemble immobilier à Nanterre
- AchatpublicDéveloppement d'un petit ensemble immobilier bas carbone et innovant dans le secteur Hoche à Nanterre
- EkopolisQuartier Hoche
- Paris La DéfenseLe cap stratégique de Paris La Défense
- Ministère de la Transition écologiqueRéglementation environnementale RE2020