À Malakoff, une association vient de se créer autour d’une idée que l’on attendrait plutôt plus au sud: planter des oliviers, les entretenir, récolter leurs fruits et les transformer en huile. Son siège est déclaré rue Guy-Môquet, chez Vincent Chevrier, déjà connu localement comme le porteur de Malakolives.
Le nom peut faire sourire. Le sujet, lui, a déjà dépassé la ligne de registre associatif. À Malakoff, les oliviers ne sont pas seulement des arbres de jardin ou de square. Ils donnent des fruits, parfois en quantité, et beaucoup finissaient jusqu’ici au sol. Malakolives a commencé par regarder ces arbres autrement: comme une récolte dispersée, à organiser.
L’histoire remonte au budget participatif de 2022. Le projet proposait de repérer les oliviers municipaux et privés, de réunir les habitants pour la cueillette, puis de trier et presser les olives. La promesse n’était pas industrielle. Elle tenait plutôt dans une chaîne de gestes: un propriétaire ouvre son jardin, des bénévoles ramassent, le fruit arrive à la Ferme urbaine, la pâte passe au pressoir.
Cette chaîne a pris corps en décembre 2024. Selon le journal municipal, près de 300 personnes sont passées par la Ferme urbaine, boulevard Gabriel-Péri. Environ 80 propriétaires d’oliviers, surtout malakoffiots, ont apporté leur récolte. Au total, 550 kg de fruits ont été réunis. Une première partie, 350 kg, a été broyée, malaxée et pressée pour produire une quinzaine de litres d’huile. Le cru a reçu un nom mi-sérieux, mi-potache: « Born to be olive ».
Un olivier isolé ne change pas grand-chose. Une centaine d’arbres, des filets, des peignes, un broyeur, un malaxeur, un pressoir et des voisins qui savent à qui confier leurs olives commencent à fabriquer une petite compétence commune. Malakoff ne devient pas une terre oléicole au sens provençal du terme. Elle invente plutôt un moulin de ville, fait d’arbres privés, d’espaces publics et de bénévoles.
La création de l’Association pour la promotion de l’oléiculture en Île-de-France organise désormais cette pratique. Son objet ne se limite pas à Malakoff: il prévoit aussi la transformation d’olives apportées par des particuliers, des collectivités ou d’autres organismes publics et privés. Aucune nouvelle date publique n’a été trouvée pour une récolte 2026.
Pour l’instant, l’aventure se mesure en kilos de fruits, en bouteilles distribuées et en habitants passés du rôle de voisins à celui de récoltants. À Malakoff, l’huile d’olive commence par un geste simple: ne plus laisser les olives tomber sans les ramasser.
Sources consultées
- Journal officiel des associations et fondations d’entreprise, DILAJOAFE_20260026, création de l’Association pour la promotion de l’oléiculture en Île-de-France
- Ville de MalakoffBorn to be olive
- Plateforme participative de MalakoffHuile d’olive de Malakoff
- Malakoff infosBorn to be olive, février 2025
- Le Parisien« Elle est bonne et pure » : à Malakoff, on presse la première huile d’olive made in Île-de-France