Boucle Nord de Seine remet en concurrence la gestion de l’assainissement collectif à Asnières-sur-Seine, Clichy-la-Garenne, Colombes et Villeneuve-la-Garenne. L’avis publié le 2 juillet prévoit quatre lots communaux, pour une valeur totale estimée à 8,9 millions d’euros, avec des contrats attendus du 1er janvier 2028 au 31 décembre 2032.
Le découpage est simple à lire : 2,1 millions d’euros estimés pour Asnières, 2,4 millions pour Clichy, 3,6 millions pour Colombes et 800 000 euros pour Villeneuve-la-Garenne. Les offres sont attendues jusqu’au 15 octobre 2026. Derrière ces chiffres, il ne s’agit pas de construire un grand équipement visible, mais de confier l’exploitation quotidienne d’un service où les failles se voient vite : collecte des eaux usées, interventions, suivi du réseau et réponses aux signalements.
C’est un bon exemple de ce que l’intercommunalité change sans toujours l’unifier complètement. Boucle Nord de Seine exerce la compétence eau et assainissement sur sept communes, d’Argenteuil à Villeneuve-la-Garenne. Mais l’avis de 2026 ne porte que sur quatre lots, chacun attaché à une commune. Le service est territorial ; son exploitation reste encore lisible par morceaux de ville.
Ce morcellement n’est pas forcément une faiblesse. Dans une boucle de Seine très dense, les réseaux n’ont pas le même âge, les mêmes contraintes de voirie, les mêmes volumes ni les mêmes histoires contractuelles. En 2021, le conseil de territoire fixait déjà des tarifs différenciés de redevance d’assainissement selon les communes et approuvait de nouveaux contrats pour Asnières, Colombes et Villeneuve-la-Garenne. Clichy entre désormais explicitement dans la nouvelle procédure, ce qui donne au dossier un périmètre alto-séquanais plus complet.
L’assainissement local ne s’arrête pas au premier tuyau. Boucle Nord indique que ses réseaux de collecte peuvent ensuite se raccorder à des gestionnaires aval : le Département des Hauts-de-Seine, le SIAAP ou la Ville de Paris. Pour un habitant, tout cela disparaît dans une facture et une bouche d’égout. Pour la collectivité, c’est une chaîne de responsabilités : savoir qui gère quel tronçon, qui intervient, qui contrôle les branchements, qui encaisse la redevance et qui paie les renouvellements.
Le calendrier n’arrive pas dans une période neutre. Le règlement territorial d’assainissement, entré en vigueur le 1er octobre 2024, encadre les raccordements, les contrôles de conformité et la gestion des eaux pluviales. La même année, Boucle Nord a annoncé un prêt vert de 3,5 millions d’euros sur 25 ans pour financer des travaux de renouvellement des réseaux d’assainissement territoriaux. À l’échelle européenne, la directive révisée sur les eaux résiduaires urbaines renforce aussi la pression sur la collecte, la surveillance et les rejets.
La nouvelle concession ne réglera donc pas toute la question de l’eau urbaine. Elle fixe plutôt le prestataire qui tiendra une partie du service au quotidien, pendant cinq ans, dans quatre communes où l’on construit, vend, rénove, imperméabilise et subit des pluies plus brutales. Quand le réseau fonctionne, personne ne le remarque. Quand il flanche, les riverains comprennent très vite qu’une rue tient aussi par ce qui circule sous elle.
Sources consultées
- BOAMPAvis n°26-65107, concession C2601 pour la gestion de l’assainissement collectif à Asnières-sur-Seine, Clichy-la-Garenne, Colombes et Villeneuve-la-Garenne
- Boucle Nord de SeineEau et assainissement
- Boucle Nord de SeineCompte-rendu sommaire du Conseil de territoire du 9 décembre 2021
- Observatoire SispeaBoucle nord de Seine (T5), service assainissement collectif 2024
- EUR-LexTraitement des eaux résiduaires urbaines, à partir de 2027