Au Hangar Y, à Meudon, le festival Vent d’été a commencé comme une invitation à ralentir : toucher des écorces, écrire dans le parc, écouter une performance, traverser l’art contemporain par les sens plutôt que par le seul cartel. Depuis le vendredi 26 juin, le programme se heurte toutefois à un incident très terrestre : le Hangar Y, le restaurant Les Roseaux et la guinguette sont fermés au public en raison d’une coupure électrique généralisée, sans date de réouverture annoncée.
Cette fermeture suspend provisoirement la promesse du festival, mais elle n’efface pas ce que le lieu cherche à installer dans les Hauts-de-Seine : un usage à la fois patrimonial, artistique et familial d’une grande nef restaurée, posée au bord d’un parc où l’on vient aussi marcher, regarder et faire avec ses mains.
Vent d’été, première édition annoncée du 13 juin au 12 juillet, est construit comme un parcours dans la nef et le parc du 9 avenue de Trivaux. L’exposition Contre l’écorce, de Jean-Baptiste Née, en forme le point d’appui jusqu’au 30 août. L’artiste travaille in situ, au contact des sols, des reliefs, de la pluie ou des brumes. Les ateliers liés à l’exposition reprennent ce rapport direct à la matière : dans le parc, les visiteurs repèrent les motifs d’une écorce et en tirent des empreintes. On entre alors dans le Hangar Y par un arbre avant d’entrer par l’histoire.
Cette histoire est assez rare pour ne pas servir de simple décor. Le bâtiment vient de l’Exposition universelle de 1878, a été réinstallé à Meudon en 1879, puis utilisé comme hangar à dirigeables. Le ministère de la Culture rappelle qu’il a notamment abrité le dirigeable La France, auteur le 9 août 1884 d’un premier vol en circuit fermé. Classé monument historique, rouvert au public en 2023 après restauration, il est aujourd’hui l’un de ces lieux où les Hauts-de-Seine se racontent autrement que par leurs bureaux, leurs gares et leurs adresses chères.
Le programme prolonge cette attention aux matières, aux sons et aux gestes. Des ateliers d’écriture avec l’autrice Nathalie Gressier, des lectures dans le parc avec le Printemps des Poètes, un atelier jeune public autour d’une œuvre de Subodh Gupta, puis Voliges et Voltiges, installation suspendue de Marion Pinaffo et Raphaël Pluvinage prévue du 4 juillet au 8 août. La clôture annoncée du festival, Resonance, doit réunir le 11 juillet l’artiste sonore Mimi Xu et l’artiste du mouvement Anna de Pahlen autour d’une performance gratuite pour les visiteurs munis d’un billet parc, avec inscription sur place dans la limite des places disponibles.
Pour les lecteurs tentés par la sortie, la première information utile n’est donc pas le prix mais l’ouverture. Le Hangar Y indique que le lieu est fermé depuis le 26 juin et qu’il communiquera la date de réouverture. Les pass du festival sont annoncés à 15 euros le samedi, 10 euros le dimanche et 25 euros pour deux jours ; les réservations passent par la billetterie officielle de Vent d’été, à consulter seulement après vérification du statut du site.
Si la réouverture intervient à temps, Vent d’été aura encore quelques week-ends pour montrer sa promesse : faire d’un ancien hangar à dirigeables un lieu où l’on ne regarde pas seulement vers le ciel, mais aussi vers une écorce, un fanion, une voix dans le parc.