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À La Défense, la fraîcheur passe aussi par l’étanchéité des bassins

Paris La Défense rénove trois bassins et prépare six nouvelles pièces d’eau sur l’esplanade, dans un quartier sur dalle où l’adaptation passe aussi par les réseaux.

Illustration - bassins urbains sur dalle

Trois bassins de La Défense sont en chantier : Takis, Corolles et Coupole. En parallèle, six nouveaux bassins plantés doivent accompagner le futur Parc de l’esplanade, entre la fontaine Agam et le bassin Takis. Dans ce quartier minéral, l’eau devient un outil d’adaptation très concret : canalisations, étanchéité, filtration, sols et maintenance.

Au bassin Takis, mis en service dans les années 1990, Paris La Défense remplace des canalisations de fontainerie abîmées par l’eau et les produits de traitement. Elles sont logées sous les gradins de pierre, dans des espaces que les passants ne voient pas. L’opération suppose aussi de reprendre l’étanchéité, avec démolition et reconstruction de structures maçonnées. La remise en eau est annoncée pour début août.

Au square des Corolles, le problème est venu de pertes d’eau constatées l’an dernier. Paris La Défense reprend l’étanchéité, des éléments de mise en conformité et le système de filtration, avec de nouvelles animations d’eau prévues. Fin des travaux attendue à l’automne. À Coupole, la rénovation est plus complète encore : le bassin, posé sur la dalle et sur la toiture d’un restaurant d’entreprise, avait vieilli, son eau restait difficilement claire et son étanchéité perdait en efficacité. Le nouveau dispositif doit fonctionner avec lagunage, végétation aquatique, filtres et lampes UV, sans chlore, avec une remise en eau prévue à l’automne 2026.

Ces travaux s’ajoutent au Parc de l’esplanade, chantier de 29 millions d’euros porté par Paris La Défense avec plusieurs financeurs publics. Le projet couvre cinq hectares sur 600 mètres, vise une livraison par étapes jusqu’en 2028 et annonce 314 arbres plantés, 4 300 m² d’espaces végétalisés supplémentaires, 200 bancs et six bassins plantés, dont une fontaine ludique.

À La Défense, la fraîcheur se fabrique sur une dalle, elle-même posée sur des infrastructures, des niveaux techniques, des parkings et des réseaux. Le futur Parc doit composer avec des épaisseurs de terre variables, l’exposition au vent et au soleil, les contraintes hydriques et les limites d’un sol qui n’est pas un sol ordinaire. Pour fabriquer de l’ombre, retenir un peu d’eau, rafraîchir les usages ou accueillir de la biodiversité, il faut d’abord que les ouvrages tiennent.

Les bassins racontent cela mieux que les images de synthèse. Un bassin public apporte de la fraîcheur quand il fonctionne, quand il ne fuit pas, quand l’eau circule, quand la filtration suit, quand son entretien peut durer. À Coupole, la vidange préalable a même permis de récupérer 50 kg de poissons, dont des carpes, brèmes, goujons et gardons. La pièce d’eau était déjà devenue un petit milieu vivant, mais un milieu vivant dépendant d’une ingénierie très surveillée.

La chambre régionale des comptes a rappelé en 2025 que Paris La Défense aménage le secteur, mais doit aussi gérer les ouvrages et les espaces publics de la dalle. Elle souligne que les recettes d’aménagement vont se tarir à moyen terme, tandis que l’entretien, la sécurisation et l’investissement dans les espaces publics vont continuer. Les bassins de La Défense disent exactement cela, à l’échelle d’un lieu où l’on déjeune, marche et traverse : la transition climatique se joue aussi sous les gradins de pierre du bassin Takis.

Sources consultées
  1. Paris La DéfenseLes bassins de La Défense, un atout contre le dérèglement climatique
  2. Paris La DéfenseLe Parc
  3. DRIEAT Île-de-FranceF01122P0138, dossier relatif au Parc de l’esplanade de La Défense
  4. Cour des comptes / Chambre régionale des comptes d’Île-de-FranceÉtablissement public Paris La Défense et département des Hauts-de-Seine, cahier n°1 : gestion et gouvernance