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À Nanterre, trois chaires IUF pour penser l’innovation

Trois chercheur·ses de Paris Nanterre rejoindront l’IUF en octobre 2026, avec cinq ans de temps protégé pour leurs travaux.

Illustration - recherche universitaire

Trois chercheur·ses de l’Université Paris Nanterre rejoindront l’Institut universitaire de France à partir du 1er octobre 2026, pour cinq ans. Miquel Oliu-Barton, professeur à EconomiX, est nommé membre junior au titre de la chaire Innovation. Émilie Hache, philosophe au Sophiapol, et Pascale Laborier, politiste à l’Institut des sciences sociales du politique, sont nommées membres seniors au titre de la chaire fondamentale.

L’IUF donne aux lauréats un allègement des deux tiers de leur service d’enseignement et des crédits de recherche spécifiques, tout en les laissant dans leur université. Pour Paris Nanterre, c’est donc du temps de recherche en plus, dans trois laboratoires du campus.

La nomination la plus directement liée à l’innovation est celle de Miquel Oliu-Barton. Sa chaire porte sur le financement des technologies très risquées à financer, notamment dans l’intelligence artificielle, la santé et l’énergie. Son terrain n’est pas le prototype spectaculaire, mais la décision qui précède le prototype : comment orienter des ressources rares vers des projets dont les bénéfices peuvent être importants pour la société, mais difficiles à prévoir, longs à produire et parfois mal récompensés par le seul marché.

Dans la deeptech, une partie du risque tient au décalage entre le temps de la recherche et celui de l’investissement. Une technologie utile peut demander des années de maturation, des équipements coûteux, des essais incertains et une coordination entre argent public et argent privé. Les travaux d’Oliu-Barton mobilisent théorie des jeux, sciences de la décision et économie publique pour regarder cette zone grise : les règles qui font qu’un pari scientifique devient finançable, ou ne le devient pas.

Les deux autres chaires élargissent le tableau sans raconter la même histoire. Émilie Hache travaille en philosophie pragmatique et en écologie politique. Son dernier essai, De la génération, enquête sur la manière dont l’idée de génération a été recouverte par celle de production. Dans un moment où l’écologie est souvent traitée comme une suite de solutions techniques, son travail reprend la question plus en amont : quels mots, quels imaginaires et quelles catégories rendent certaines solutions pensables, et d’autres presque invisibles ?

Pascale Laborier, elle, travaillera sur les trajectoires d’universitaires et d’autres producteurs de savoirs contraints à l’exil par les dictatures, les guerres ou les persécutions. Le projet annoncé par l’IUF s’appuie sur des archives, des enquêtes comparatives et des outils numériques pour comprendre comment l’exil transforme les carrières, les réseaux intellectuels et la production des connaissances.

Après les deux médailles CNRS récemment attribuées à des chercheuses liées à Paris Nanterre, ces trois nominations donnent une image plus précise du campus. À Nanterre, des chercheurs travaillent sur les règles de financement de la deeptech, les mots de l’écologie et les conditions politiques de la liberté savante. Les trois chaires IUF leur donnent cinq ans pour poursuivre ce travail depuis EconomiX, le Sophiapol et l’ISP.

Sources consultées
  1. Université Paris NanterreTrois chercheur·ses de l’Université Paris Nanterre nommé·es à l’IUF 2026 !
  2. Institut universitaire de FranceRésultats de la campagne IUF 2026
  3. Ministère de l’Enseignement supérieur et de la RechercheCampagne de candidatures, promotion 2026
  4. Institut universitaire de FranceMiquel Oliu-Barton
  5. Sophiapol, Université Paris NanterreÉmilie Hache
  6. Institut universitaire de FrancePascale Laborier