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À Issy, l’après-Santini commence par la continuité

Thierry Lefevre a été élu maire d’Issy-les-Moulineaux le 16 juin, dans une succession municipale organisée après quarante-six ans de mandat Santini.

Passation à l’hôtel de ville

Thierry Lefevre a été élu maire d’Issy-les-Moulineaux mardi 16 juin, lors d’une séance exceptionnelle du conseil municipal à l’hôtel de ville. Il succède à André Santini, mort le 1er juin après quarante-six ans à la tête de la commune.

Le vote met fin à la vacance du fauteuil de maire, mais il ne remet pas la ville aux urnes. Comme La Clé Publique l’annonçait avant la séance, le droit municipal français prévoit une continuité interne : lorsque le maire cesse ses fonctions, le conseil municipal est convoqué pour procéder à son remplacement dans le délai de quinzaine. Les habitants ont élu les conseillers municipaux en mars ; ce sont eux qui élisent ensuite le maire.

À Issy, cette règle prend une couleur particulière. La liste conduite par André Santini avait remporté le second tour avec 47,93 % des suffrages exprimés et 37 sièges sur 49. La succession ne produit donc pas une alternance. Elle installe à la tête de la ville celui qui occupait déjà la place la plus proche de l’ancien maire.

Thierry Lefevre n’est pas un visage nouveau dans l’équipe municipale. Élu municipal depuis 1983, adjoint depuis 1991, premier adjoint depuis 2017, il avait notamment la charge de l’administration générale, de la prévention, de la sécurité, de la ville numérique, de la vie associative et de l’évaluation des politiques publiques. Dans une commune où le maire sortant concentrait une part très forte de l’histoire politique locale, le successeur vient donc de l’équipe qui faisait déjà fonctionner la mairie.

Ce choix compte parce qu’Issy n’est pas une petite mairie de gestion légère. La commune compte officiellement 68 449 habitants au 1er janvier 2026. Son budget primitif 2026 s’élève à 272,5 millions d’euros, dont 70 millions pour l’investissement. À cette échelle, la succession touche des dossiers très concrets : le nouveau groupe scolaire des Épinettes, la végétalisation de cours d’école, la rénovation énergétique de bâtiments municipaux, Léon-Blum, Sainte-Lucie, Axes de Vie et la représentation de la ville au sein de Grand Paris Seine Ouest.

Le conseil installé le 28 mars avait déjà dessiné cette organisation. Il avait fixé à 18 le nombre d’adjoints, dont quatre adjoints de quartier. Il avait aussi accordé au maire des délégations de gestion destinées à traiter des affaires courantes ou urgentes, notamment en matière de marchés publics. Les oppositions avaient contesté certains seuils et demandé davantage de contrôle par le conseil municipal. Ce débat reste utile pour comprendre la suite : la continuité garantit que la ville avance, mais elle concentre aussi beaucoup de décisions dans l’exécutif municipal.

L’élection de Thierry Lefevre n’ouvre donc pas une nouvelle page blanche. Elle transforme une fonction déjà centrale en mandat de maire. Dans une ville longtemps identifiée à un homme, l’après-Santini commence par une passation très encadrée, au même endroit, dans la même majorité, avec les mêmes dossiers sur la table de l’hôtel de ville.

Sources consultées
  1. Ville d’Issy-les-MoulineauxThierry Lefevre élu maire d’Issy-les-Moulineaux
  2. LégifranceCode général des collectivités territoriales, article L2122-14
  3. Ministère de l’IntérieurIssy-les-Moulineaux (92040) - Élections municipales 2026
  4. Ville d’Issy-les-MoulineauxProcès-verbal du conseil municipal d’installation du 28 mars 2026
  5. Ville d’Issy-les-MoulineauxLe Conseil Municipal adopte le budget 2026