À Sèvres, le Musée national de Céramique a fermé ses salles au public depuis le 1er janvier 2026 pour lancer le programme Brongniart 2030 et le chantier de ses collections. Mais au 2 place de la Manufacture, le lieu ne s’arrête pas : les ateliers tournent, les visites se poursuivent et les œuvres circulent.
Le musée ferme ses vitrines ; la Manufacture garde ses gestes. La visite est annoncée le jeudi, de 14 h 30 à 16 h, avec un parcours guidé dans deux ateliers de production. Le billet est affiché à 18 euros pour une visite d’une heure et demie. Les ateliers visités ne sont pas communiqués à l’avance, parce que le parcours dépend des impératifs de production. On ne visite donc pas un décor patrimonial figé, mais une fabrique encore au travail. Les visiteurs peuvent réserver la visite “Les secrets de la Manufacture”.
Cette continuité des ateliers change la perception de la fermeture. Sèvres conserve près de 60 000 œuvres au musée, mais son patrimoine ne se limite pas aux objets rangés ou exposés. La Manufacture revendique 120 céramistes et une trentaine de métiers, avec des pâtes, couleurs et émaux fabriqués sur place. À côté des collections, il y a donc encore le modelage, la dorure, la pose de fonds, les fours, les moules, les essais de matière. Dans les Hauts-de-Seine, peu de lieux font sentir aussi directement que le patrimoine peut rester une pratique.
Pendant la fermeture, les collections ne disparaissent pas non plus. L’exposition “Sèvres, une passion Rothschild” est présentée au Mobilier national, à Paris, du 17 avril au 26 juillet 2026. Une exposition annoncée à Shanghai à l’automne doit mettre en avant des figures féminines liées à l’histoire de Sèvres, dont Marie-Antoinette, pour qui la Manufacture a réalisé le service de la laiterie de Rambouillet. La recherche sur les collections se poursuit aussi en coulisses, avec l’objectif de préparer prêts, études et futur parcours du musée.
L’année 2026 tombe à un moment symbolique : 150 ans après l’installation du Musée et de la Manufacture sur leur site actuel, en 1876. Autour du bâtiment, le paysage change lui aussi. Le Département a lancé début 2026 le réaménagement de l’échangeur de la Manufacture, au croisement de la RN 118, de la RD 7 et de la RD 910, un secteur emprunté par plus de 280 000 véhicules par jour. Le chantier doit durer jusqu’en 2030 et vise notamment à rendre les accès plus lisibles pour les piétons, les cyclistes et les transports.
La fermeture du musée n’est donc pas une parenthèse vide. Elle déplace l’attention vers ce qui se voit moins d’habitude : les mains qui fabriquent, les œuvres qui voyagent, les collections qu’on prépare, et l’entrée de ville qui se transforme autour de la Manufacture.
Sources consultées
- Sèvres - Manufacture et Musée nationauxLa vie du Musée pendant la fermeture
- Sèvres - Manufacture et Musée nationauxVisite guidée de la Manufacture
- Sèvres - Manufacture et Musée nationauxUne Manufacture d’exception
- Les Manufactures nationales - Sèvres & Mobilier nationalMusée national de Céramique - Sèvres : fermeture au 1er janvier 2026 pour le lancement du chantier des collections du Musée
- Conseil départemental des Hauts-de-SeineL’échangeur de la Manufacture de Sèvres