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À Colombes, la géothermie commence par le choix d’un service public

Colombes lance une assistance de 36 mois pour préparer un réseau de chaleur en géothermie profonde, avant tout forage ou tracé public.

Tuyaux de chaleur sous Colombes

Colombes cherche l’équipe qui l’aidera à préparer un réseau de chaleur exploitable, financé et raccordable. La ville a publié, le 12 juin, un marché d’assistance à maîtrise d’ouvrage pour préparer le montage technique, juridique et financier d’un futur réseau de chaleur en géothermie profonde. Les offres sont attendues le 8 juillet.

La mission durera jusqu’à 36 mois. Elle commence par une tranche ferme consacrée à la définition du futur réseau. Deux suites possibles sont déjà inscrites dans l’avis : accompagner la passation d’une délégation de service public à un opérateur privé, ou aider à créer une SEMOP, société d’économie mixte à opération unique. Dans le premier cas, la ville confie l’exploitation à un opérateur. Dans le second, elle entre dans une société créée pour l’opération, avec un partenaire privé. Ce choix fixera le partage du risque, le niveau de contrôle public et une partie des conditions tarifaires.

Colombes ne part pas de rien. La ville dispose déjà du réseau BoisMarine, dans le secteur de la ZAC de la Marine, près du boulevard Charles-de-Gaulle. Créé en 2013, il compte 22 points de livraison et a livré 9,60 GWh de chaleur en 2024, principalement à des logements. C’est un réseau court, environ 1 km aller selon les données 2021, alimenté par un mix gaz et biomasse. La chaleur y coûtait en moyenne 133 euros TTC par MWh en 2024.

Le projet étudié vise une tout autre taille. Dans son rapport de développement durable 2025, Colombes indique que des études ont été menées pour utiliser la géothermie profonde et de la chaleur fatale sur son territoire. La ville avance un ordre de grandeur : l’équivalent de 8 000 logements chauffés et 12 600 tonnes de CO2 évitées par an. Le coût du réseau, son tracé et les bâtiments visés ne sont pas encore publics.

Cette phase amont est moins visible qu’un chantier, mais elle est décisive. Un réseau de chaleur n’est pas seulement un forage et des tuyaux. Il faut réunir assez de bâtiments pour absorber la chaleur, sécuriser les investissements, organiser l’appoint au gaz ou avec d’autres sources, fixer les règles de raccordement et construire un tarif supportable. Pour une ville dense comme Colombes, la chaleur du sous-sol ne fonctionne économiquement que si le réseau trouve assez d’usagers.

Le dossier dépasse aussi les limites communales. Les Hauts-de-Seine ont adopté en octobre 2025 un schéma directeur des réseaux de chaleur urbains à l’horizon 2040. Le Département y vise un passage de 110 000 à 260 000 équivalents-logements desservis et recense plusieurs projets de création, de verdissement ou d’extension. La géothermie profonde y occupe une place particulière : le Dogger, principal réservoir exploité en région parisienne, ne se découpe pas proprement par commune. Un forage peut réduire ou compliquer les possibilités d’un voisin.

À Colombes, la décision du moment n’est donc pas de chauffer immédiatement 8 000 logements. Elle consiste à choisir la forme du futur outil public. Avant le bruit des foreuses, Colombes doit fixer des contrats, un modèle économique et un arbitrage de gouvernance.

Sources consultées
  1. France Marchés / BOAMPAssistance à maîtrise d’ouvrage pour le montage technique, juridique et financier d’un réseau de chaleur en géothermie profonde pour la ville de Colombes
  2. Ville de ColombesRapport développement durable 2025
  3. France Chaleur UrbaineRéseau de la Zac de la Marine (9233C)
  4. Conseil départemental des Hauts-de-SeineUne dynamique collective en faveur des énergies vertes