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Sur la RD 914, des lampadaires solaires pour éviter de recreuser la route

À Nanterre, le Département remplace l’éclairage d’un kilomètre de RD 914 par cent candélabres solaires autonomes.

Illustration - lampadaires solaires sur route

Sur la RD 914, à Nanterre, le Département des Hauts-de-Seine remplace les mâts d’éclairage existants par cent candélabres solaires autonomes. Ils sont installés depuis mai 2026 sur un kilomètre de route, entre l’avenue François-Arago et le boulevard Patrick-Devedjian, dans le secteur de La Défense.

Le changement se voit en hauteur, avec des panneaux photovoltaïques intégrés aux mâts. Mais son intérêt se joue aussi sous la chaussée. Sur cette portion de route départementale, marquée par des ponts, des passerelles et des bretelles d’accès, refaire tout le réseau électrique aurait imposé d’importants travaux de génie civil. En rendant chaque point lumineux indépendant, le Département évite une partie des tranchées, du câblage et des reprises de réseau.

Chaque candélabre associe production solaire, stockage par batterie et luminaire LED. Les équipements sont pilotables à distance : gradation de l’intensité, détection de présence et extinction nocturne partielle sont prévues. Le site bénéficie aussi, selon le Département, d’une bonne exposition au soleil.

La RD 914 n’est pas une rue ordinaire à laquelle on ajoute un équipement solaire. Le boulevard de La Défense est en pleine requalification pour devenir un boulevard urbain plus lisible, avec circulation apaisée, cheminements piétons, itinéraires cyclables et aménagements paysagers. Le chantier accompagne la transformation des Groues, de Nanterre La Folie et du secteur de La Défense. Dans cet environnement, même un lampadaire devient une décision d’infrastructure.

Le coût précis des cent candélabres solaires n’a pas été rendu public. L’ordre de grandeur du chantier autour d’eux rappelle toutefois la taille du système : l’estimation initiale de la requalification RD 914 / RN 314, établie en 2016, portait sur environ 55 millions d’euros TTC. L’éclairage solaire n’est donc pas l’essentiel budgétaire de l’opération. Il est plutôt une façon d’adapter un équipement public à une route déjà chère, dense et difficile à ouvrir.

Cette logique rejoint ce que la voirie départementale révélait déjà dans ses réglages permanents : dans les Hauts-de-Seine, la route porte bien plus que du trafic. Elle concentre éclairage, assainissement, feux, accès, ouvrages, sécurité nocturne et partage de l’espace. La moderniser ne consiste pas seulement à refaire du bitume, mais à choisir où intervenir fortement et où contourner l’obstacle.

La RD 914 arrive dans un parc d’éclairage public français déjà en pleine rénovation. Le Cerema comptait environ 12 millions de points lumineux en France en 2023, avec une progression rapide des LED et une baisse de la puissance installée. À Nanterre, cette transition prend une forme plus locale : produire l’énergie au bord de la route, mât par mât.

Sans coût publié ni premier retour d’exploitation, il est trop tôt pour juger les économies réelles ou la maintenance sur plusieurs années. Mais le choix a du sens sur cette section de Nanterre. Quand la route est pleine de réseaux, de ponts et de bretelles, l’éclairage le plus simple est parfois celui qui évite de rouvrir la route.

Sources consultées
  1. Conseil départemental des Hauts-de-SeineLe Département expérimente un éclairage public 100 % solaire sur la RD 914
  2. Conseil départemental des Hauts-de-SeineLa RD 914 à Nanterre, Puteaux et Courbevoie
  3. Conseil départemental des Hauts-de-Seine / EpadesaRD 914 – RN 314, Pièce F : Appréciation sommaire des dépenses
  4. CeremaLes chiffres de l’éclairage public : le Cerema contribue à l’enquête de l’Association Française de l’Éclairage