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Dans le 92, la voirie se joue aussi dans les réglages permanents

Un accord-cadre montre comment les Hauts-de-Seine organisent l’entretien d’un réseau dense: routes, ponts, carrefours à feux et éclairage.

Illustration - Carrefour et voirie départementale

Dans les Hauts-de-Seine, cet accord-cadre de voirie départementale ne désigne pas une rue à barrer ni un carrefour à refaire. Il met surtout en place une capacité d’intervention: pouvoir commander plus vite des travaux sur les routes, les réseaux, les feux tricolores et l’éclairage public du domaine départemental.

Le marché initial, lancé en 2025 sous la référence 20250035, portait sur deux lots. Le premier concerne les travaux de voirie, réseaux divers et génie civil: des bons de commande pour les opérations de 500 000 à 4 millions d’euros hors taxes, puis des marchés subséquents pouvant aller jusqu’à 10 millions d’euros, avec un plafond de 80 millions d’euros hors taxes par période contractuelle de deux ans. Le second porte sur l’éclairage public et la signalisation lumineuse tricolore, avec un maximum de 3 millions d’euros hors taxes par période de deux ans. L’avis d’attribution publié le 4 mai 2026 confirme à ce stade le lot éclairage-signalisation, notifié le 23 avril.

La portée est très concrète. Dans les Hauts-de-Seine, la route n’est pas seulement une chaussée. C’est un morceau d’espace public très contraint, branché sur les bus, les pistes cyclables, les traversées piétonnes, les feux, les réseaux enterrés, les ponts, les abords de gares, les communes et les concessionnaires. Le Département indique gérer 310 kilomètres de voies, 311 ouvrages d’art et 1 200 carrefours à feux. Sur un territoire aussi serré, une intervention mal programmée ne crée pas seulement un chantier: elle dérègle vite tout un secteur.

Le choix de l’accord-cadre répond à cette contrainte. Il évite de relancer une procédure complète à chaque besoin et permet de passer commande dans un cadre déjà prévu. L’open data départemental décrit d’ailleurs la programmation des chantiers comme un moyen de réduire les coûts d’investissement en regroupant des projets sur une même section, et de limiter la gêne en évitant l’empilement de travaux au même endroit. C’est prosaïque, mais décisif: la qualité d’une voirie dense tient autant à la coordination qu’au bitume.

La Cour des comptes donne le décor financier. En 2023, les Hauts-de-Seine ont consacré 19 millions d’euros au fonctionnement de leur politique routière, soit 57 365 euros par kilomètre de voirie en incluant le personnel. C’est très au-dessus des départements de grande couronne, notamment parce que la petite couronne concentre plus de trafic, de sollicitations et d’usages superposés à la voirie. Le même rapport classe seulement 34 % du linéaire alto-séquanais en bon état en 2023, 33 % nécessitant un entretien et 33 % en mauvais état, selon les données transmises par les départements.

Le marché ne mérite donc pas d’être vendu comme une grande transformation écologique. La pondération reste très classique: 50 % pour le prix, 40 % pour la valeur technique, 10 % pour la valeur environnementale. Mais il ne faut pas non plus le réduire à une formalité d’achat public. Dans un département où la route coûte cher à tenir et où le moindre chantier se faufile entre usages concurrents, l’outil compte.

La liste complète des rues ou carrefours traités par cet accord-cadre n’est pas publiée dans l’avis. Ce que l’on voit déjà, en revanche, c’est l’instrument de travail: celui qui permettra au Département de remettre en état une chaussée, reprendre un carrefour, déplacer un réseau ou corriger un éclairage avant que le problème ne devienne, pour les usagers, la seule chose visible.

Sources consultées
  1. BOAMPAvis de marché n° 25-105526 du 23/09/2025
  2. Département des Hauts-de-Seine, profil acheteurAccord cadre des travaux d'infrastructure de voirie sur les voies du domaine public et privé départemental du Département des Hauts-de-Seine
  3. Département des Hauts-de-SeineLes compétences du Département
  4. Open Data Hauts-de-SeineChantiers du Département à l'étude et en travaux sur la voirie départementale
  5. Cour des comptesLa politique routière en Île-de-France