Pour une benne à ordures ou un bus, une station d’hydrogène ne vaut que si elle fonctionne au bon moment. Pas dans une plaquette. Pas seulement le jour de l’inauguration. Le matin, quand il faut repartir.
C’est cette exploitation au long cours que Vallée Sud - Grand Paris cherche désormais à surveiller. Un avis de marché porte sur une mission d’assistance pour suivre le contrat de concession des stations d’hydrogène du territoire. Les candidats ont jusqu’au 2 juillet 2026 pour répondre.
Deux sites sont au cœur du projet: Châtenay-Malabry, au 9 route de Bièvre, où une station doit produire et distribuer de l’hydrogène, et Châtillon, au 7 avenue Jean-Jaurès, où une autre station doit le distribuer. L’exploitation est confiée à Vallée Sud Hydrogène. L’accord-cadre de suivi prévu par l’intercommunalité doit durer quatre ans.
Ce nouveau marché ne construit pas les stations et ne remplace pas la concession. Il sert à contrôler son exécution. Sa tranche ferme porte sur la bonne application des clauses du contrat. Les tranches optionnelles concernent ensuite le suivi de la station de Châtillon, puis le contrôle technique et financier de celle de Châtenay-Malabry.
Après l’électricité nécessaire au projet, Vallée Sud passe à une autre étape: vérifier l’exploitation.
Les chiffres annoncés expliquent pourquoi ce suivi compte. Vallée Sud présente son projet autour d’une production électrolytique de 5 MW à Châtenay-Malabry, pouvant atteindre deux tonnes d’hydrogène par jour. Les usages visés sont très concrets: 30 bus d’Île-de-France Mobilités et 27 bennes à ordures ménagères. Le rapport développement durable 2024-2025 de l’intercommunalité situe la mise en service des stations en 2026.
Pour les habitants, la question n’est pas de croire ou non à l’hydrogène. Elle est plus simple: qu’est-ce qui sera mesuré une fois les stations ouvertes? Combien de véhicules seront effectivement ravitaillés? Quelle disponibilité pour les deux sites? Quel coût de contrôle? Quels écarts entre les volumes attendus et les volumes réels?
L’hydrogène est souvent présenté comme une solution pour les mobilités difficiles à électrifier directement. Ici, la promesse est locale et vérifiable: des bus, des bennes, deux stations, un concessionnaire, un contrat à suivre.
Le test ne se jouera donc pas seulement à l’ouverture. Il se jouera après, dans les tournées tenues, les stations disponibles et les comptes assez clairs pour savoir si l’hydrogène fait bien le travail annoncé.
Sources consultées
- BOAMP, via France MarchésMission d'assistance à maîtrise d'ouvrage pour le suivi du contrat de concession pour la gestion et l'exploitation des stations d'hydrogène du Territoire
- e-marchespublicsSuivi du contrat de concession pour la gestion et l'exploitation des stations d'hydrogène du territoire
- Vallée Sud - Grand ParisRapport développement durable 2024-2025
- AREC Île-de-France / Vallée Sud HydrogèneVallée Sud Hydrogène
- ADEMEHydrogène