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Au Plessis-Robinson, la longue attente d’une piscine

Fermée depuis 2022, la piscine du Hameau doit laisser place à un nouveau centre aquatique attendu en 2028.

Piscine publique en chantier

Au Plessis-Robinson, la piscine du Hameau est fermée depuis l’été 2022. Si le calendrier tient, les habitants ne retrouveront un centre aquatique qu’à l’été 2028. Six ans sans bassin de proximité: pour une commune, ce n’est pas une parenthèse. C’est un trou dans les emplois du temps des écoles, des clubs, des familles et des habitués de l’aquagym.

La déclaration d’intention signalée par la préfecture des Hauts-de-Seine remet le projet en consultation publique. Le futur équipement doit prendre place rue Blaise Pascal, dans le secteur du parc des Sports, sous maîtrise d’ouvrage de Vallée Sud - Grand Paris. La Ville indique que les premiers travaux ont commencé mi-janvier, avec des opérations souterraines d’assainissement et de dévoiement de réseaux. Les murs doivent commencer à sortir de terre à la fin du printemps 2026.

Le programme annoncé est large: deux bassins de 25 mètres, des espaces pour les enfants, de la balnéothérapie, des gradins, un dojo, du fitness, du stationnement, ainsi qu’une tribune et des locaux sportifs liés au parc des Sports. Mais l’enjeu ne tient pas dans cette liste.

La synthèse de la participation du public organisée en 2025 donne la mesure de l’attente. Le club de natation ne pourrait plus accueillir que 400 licenciés, contre 900 avant la fermeture. Environ 400 personnes auraient perdu leur activité hebdomadaire d’aquagym. La commune met aussi en avant l’apprentissage de la natation pour 2 600 enfants, sans compter les collégiens et lycéens.

Le futur centre sera surtout jugé sur les créneaux. Qui aura accès aux bassins, à quels horaires, à quel prix, et pour quels usages ? Les scolaires n’ont pas les mêmes besoins que les clubs. Les familles ne cherchent pas les mêmes moments que les nageurs réguliers. Les activités de santé ou de loisir ne pèsent pas toujours autant dans les arbitrages, mais elles font partie de la vie réelle d’une piscine.

Cette question dépasse le seul Plessis-Robinson, sans avoir besoin de grands discours. Partout, les piscines publiques sont des équipements aimés et coûteux. Il faut chauffer l’eau, ventiler les bâtiments, filtrer, entretenir, recruter, ouvrir assez longtemps pour que le service existe vraiment. L’autorité environnementale a relevé pour le Hameau plusieurs choix destinés à contenir cette équation, avec chaudières numériques, pompe à chaleur air-eau, panneaux photovoltaïques et appoint gaz. Elle demande toutefois de préciser la part réelle des énergies renouvelables et d’étudier davantage la récupération de chaleur de datacenters voisins.

Ces choix techniques comptent pour une raison simple. Ils conditionnent la capacité à faire fonctionner le centre dans la durée sans que l’équipement neuf devienne trop cher à exploiter. Pour les habitants, cela se traduira moins par des mots que par des horaires, des tarifs et des bassins disponibles.

Le projet avance donc avec une promesse simple, mais exigeante: rendre au quartier du Hameau une piscine qui serve vraiment. À l’ouverture, la réussite ne se lira pas seulement sur la façade ou dans les gradins. Elle se verra dans les lignes d’eau occupées, les classes qui apprennent à nager, les clubs qui retrouvent de la place et les familles qui réussissent enfin à caser une séance sans y passer la soirée.