Sur l’avenue Gambetta, tout se joue au milieu de la chaussée. Un mail central, des arbres, des passages piétons, des flux vers La Défense, avec une question simple : peut-on transformer un axe que l’on traverse en espace où l’on s’arrête vraiment ?
La Ville de Courbevoie vient de lancer une consultation de maîtrise d’œuvre pour poursuivre la requalification de la Coulée verte du mail central de l’avenue Gambetta. Le marché, référencé 2026070, prévoit une mission de 33 mois, estimée à 1,5 million d’euros hors taxes. L’équipe retenue devra reprendre l’esquisse, préciser le projet, suivre les travaux et accompagner leur réception.
Ce n’est pas encore le chantier lui-même, mais c’est le moment où la promenade cesse d’être une intention générale. Il faudra décider des sols, des plantations, des cheminements, de l’éclairage, des lieux de pause, des traversées. Sur Gambetta, ces arbitrages se voient vite : l’avenue relie le parc Freudenstadt aux abords de La Défense, dans une commune où la densité oblige chaque mètre d’espace public à servir à plusieurs usages.
Une première phase a déjà donné le ton. La Ville indique que 38 arbres ont été plantés, en complément des 56 existants, et que près de 3 600 m² d’espaces verts ont été créés, dont 2 600 m² pour le mail central. Elle annonce aussi 2 500 m² de surfaces désimperméabilisées, avec des trottoirs élargis, une piste cyclable en site propre et une réorganisation du stationnement.
La suite doit prolonger ce mouvement vers la rue Carnot, avec l’objectif d’un espace vert d’un seul tenant approchant 5 000 m². L’intérêt du projet tient moins à l’image d’une “coulée verte” qu’à son usage réel : marcher sans se rabattre sans cesse, attendre à l’ombre, traverser plus lisiblement, trouver un banc qui ne ressemble pas à une punition.
Gambetta sort aussi d’une longue séquence de chantier. Les travaux du prolongement du RER E ont occupé l’avenue avec des puits creusés sur place et un accès prévu vers la gare de La Défense Grande Arche côté Courbevoie. Après les travaux souterrains, la ville reprend donc la surface. La bascule est discrète, mais elle parle aux usagers : le même axe qui a servi aux grands travaux doit redevenir un lieu de quotidien.
Cette transformation fait écho, à une échelle plus proche du trottoir, aux mutations déjà engagées autour de Courbevoie et de La Défense, comme le secteur Seine Europe. Mais Gambetta raconte autre chose : non pas un grand morceau de ville à refaire, plutôt une avenue ordinaire à rendre plus respirable.
Le prochain enjeu sera donc très simple à vérifier. Quand les choix seront arrêtés, la Coulée verte ne devra pas seulement aligner des mètres carrés végétalisés. Elle devra donner aux passants une bonne raison de ralentir. À Courbevoie, ce serait déjà une victoire urbaine.