À Sèvres, la future baignade dans la Seine ne commence pas par du sable ou des transats. Elle commence par des branchements à vérifier, des eaux de pluie à contenir et des contrôles sanitaires à tenir après les pluies.
L’Île de Monsieur est aujourd’hui le point le plus concret dans les Hauts-de-Seine. La ville vise une ouverture à la baignade autour de 2030. Rueil-Malmaison fait aussi partie des communes repérées dans les travaux métropolitains sur les sites possibles après les Jeux. Mais dans le 92, la baignade reste interdite dans la Seine. Une eau qui s’améliore n’est pas encore une eau officiellement baignable.
La différence se joue surtout sous les trottoirs. La campagne « Tous bien branchés » sert à vérifier que les eaux usées ne partent pas dans les canalisations d’eaux pluviales. Une maison, un immeuble ou un équipement mal raccordé peut envoyer de l’eau sale vers le fleuve sans passer par l’épuration. Le département rappelle aussi que son réseau d’assainissement compte 629 kilomètres, avec une partie en réseau unitaire: quand il pleut fort, pluie et eaux usées peuvent se retrouver dans les mêmes conduites.
C’est le vrai héritage olympique dans les Hauts-de-Seine: moins photogénique qu’un bassin dans Paris, mais décisif. En 2025, les premiers sites ouverts à Paris et dans le Val-de-Marne ont accueilli plus de 150 000 baigneurs dans des conditions contrôlées. À l’ouest, le travail avance plutôt par diagnostics, études et corrections: mauvais branchements, rejets par temps de pluie, bateaux-logements, secteurs aval suivis par le SIAAP.
Personne ne peut donc promettre une Seine librement baignable demain matin. Il est plus utile de comprendre ce qui doit être fiable avant d’autoriser des habitants à entrer dans l’eau. À Sèvres, le futur plongeon dépendra autant des bactéries après l’orage que des aménagements de berge. La Seine peut redevenir un lieu de baignade; à Sèvres, elle demande d’abord que les tuyaux fassent leur travail après l’orage.