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Moustique tigre: dans les parcs du 92, tout commence avec l’eau qui reste

Le Département des Hauts-de-Seine agit contre le moustique tigre dans ses parcs, mais l’essentiel se joue aussi dans les eaux stagnantes privées.

Moustique tigre dans un parc urbain

Au parc André-Malraux, au pied de La Défense, le moustique tigre n’a pas besoin d’un décor de marais. Un peu d’eau coincée dans un avaloir, une coupelle laissée sous un pot, un regard mal vidé peuvent suffire. Le moustique tigre est un insecte de petite distance et de petits volumes. Dans un département dense, c’est presque son superpouvoir.

Le Département des Hauts-de-Seine annonce être passé à l’action dans ses parcs et jardins après un diagnostic mené en 2025. L’étude confirme la présence d’adultes dans les espaces de nature départementaux, mais sans prolifération massive observée. Les niveaux de reproduction restent faibles à modérés.

Le détail le plus utile est plus discret: dans les parcs étudiés, les principaux gîtes repérés ne viennent pas d’objets abandonnés, mais des équipements qui récupèrent l’eau de pluie, surtout les avaloirs. Autrement dit, le sujet n’est pas seulement la propreté visible d’un parc. Il tient aussi à cette petite plomberie, à ce que la pluie laisse derrière elle quand personne ne regarde.

La réponse annoncée va dans ce sens. Le Département veut supprimer les eaux stagnantes accessibles, adapter progressivement les équipements qui favorisent les larves, intervenir chaque mois sur les gîtes résiduels avec des solutions biologiques et suivre l’évolution des populations. Ce n’est pas une démoustication générale. C’est une affaire de maintenance fine.

Pour les usagers, la nuance compte. Les parcs départementaux deviennent des espaces surveillés, mais ils ne peuvent pas absorber à eux seuls la nuisance ressentie dans un quartier. Le moustique tigre vole peu loin. S’il pique dans une résidence, il peut très bien être né à proximité: sur une terrasse sur plots, dans une cour, un arrosoir, une gouttière, un cimetière, un jardin pavillonnaire ou un balcon.

Le Département rappelle d’ailleurs que, selon les données nationales, l’immense majorité des gîtes larvaires se trouve en domaine privé, entre 90 et 99%. Les objets du quotidien arrivent en tête, suivis des équipements d’arrosage et de certains éléments structurels. La difficulté tient justement à la banalité des gestes: vider, couvrir, ranger, curer. Rien de glorieux. Mais c’est souvent là que se joue la différence entre quelques piqûres et un été pénible au pied de l’immeuble.

Le calendrier sanitaire ajoute une raison de s’y mettre maintenant. L’Agence régionale de santé d’Île-de-France a lancé sa surveillance renforcée du 1er mai au 30 novembre. Le moustique tigre est désormais présent et actif dans tous les départements franciliens. Il peut transmettre la dengue, le chikungunya ou Zika lorsque ces maladies circulent. Santé publique France rappelle aussi que 2025 a été une année inédite pour les transmissions locales de chikungunya en France hexagonale.

Chaque piqûre n’est pas une alerte sanitaire. Mais chaque eau stagnante peut devenir un point de départ. Dans les Hauts-de-Seine, la lutte commence donc dans les parcs, les avaloirs et les interventions du Département. Elle continue dans les copropriétés, les jardins, les terrasses et les balcons. Le moustique tigre n’a pas besoin de beaucoup: il faut lui laisser le moins possible.