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À Courbevoie, la sûreté municipale passe aussi par les radios

Courbevoie prépare un marché de radio et de géolocalisation pour sa sûreté municipale. Un achat technique qui éclaire l’organisation du terrain.

Radio municipale à Courbevoie

À Courbevoie, une patrouille dans un parc, un point école ou une intervention près de La Défense peuvent aussi passer par un objet assez banal : une radio portative. Qui parle ? Sur quel canal ? Où se trouve l’équipe ? Qui peut rejoindre les lieux ? Dans la sûreté municipale, la coordination se joue souvent dans l’oreillette.

La Ville vient de rectifier un marché public consacré à la fourniture et à la maintenance d’un système de radio et de géolocalisation pour sa direction de la sûreté. La date limite de remise des offres est fixée au 27 mai 2026 à midi. Le marché est estimé à environ 373 700 euros hors taxes, dont près de 169 800 euros pour le lot radio et géolocalisation. Un second lot concerne la maintenance et l’assistance du système d’alerte PPMS, utilisé dans les établissements scolaires pour faire face à certains risques majeurs ou situations d’urgence.

Le détail le plus parlant tient dans ce que les candidats doivent fournir : une radio portative paramétrée, avec GPS activé, prévue pour plusieurs canaux. Le rectificatif mentionne la police municipale, les agents de surveillance de la voie publique, les agents chargés des parcs et jardins, ainsi qu’une écoute générale. Le fichier de programmation des radios n’est pas communiqué librement, car il touche à des éléments sensibles de sécurité.

Dit autrement, Courbevoie n’achète pas seulement du matériel. Le marché laisse voir une mécanique ordinaire mais décisive : des équipes qui n’ont pas toutes les mêmes missions, qui ne couvrent pas les mêmes espaces, et qui doivent pourtant pouvoir se parler vite. La sûreté locale ne se résume pas à une présence visible. C’est aussi un réseau qui doit tenir quand une radio tombe en panne, quand une alerte part d’une école ou quand une intervention passe d’un service à l’autre.

À Courbevoie, cette organisation prend un relief particulier. La commune est petite par sa surface, dense par sa population, et directement branchée sur les flux de La Défense. Elle compte un peu moins de 82 000 habitants sur 4,2 km², mais plus de 105 000 emplois au lieu de travail selon l’Insee. À côté, Paris La Défense annonce 200 000 salariés, 50 000 habitants et plus de 70 000 étudiants à l’échelle du quartier. Pour une ville de ce type, la sûreté municipale ne se pense pas seulement à partir des habitants : elle se construit aussi autour des salariés, des étudiants, des commerces, des événements et des usagers de passage.

Contrairement à la vidéoprotection récemment traitée à Antony, le sujet n’est pas ici de regarder l’espace public, mais de coordonner ceux qui y interviennent. C’est moins spectaculaire qu’une caméra. C’est parfois plus utile dans le quotidien : savoir quelle équipe est disponible, où elle se trouve, et comment maintenir le lien entre le terrain et le poste de coordination.

Reste une limite simple : une géolocalisation d’agent n’est jamais un simple confort technique. Elle peut sécuriser les équipes et accélérer certaines interventions. Elle peut aussi devenir un outil de suivi trop large si ses usages, ses accès et ses durées de conservation ne sont pas clairement encadrés. La CNIL rappelle, pour les dispositifs professionnels de géolocalisation, que les agents doivent être informés, que les accès doivent être limités aux personnes habilitées, et que les données ne doivent pas être conservées indéfiniment.

Le marché ne suffit pas à conclure à un changement de doctrine. Il montre plutôt une sûreté municipale de plus en plus équipée : radios, logiciels, maintenance, alertes scolaires, règles d’accès aux données. La bonne question n’est donc pas seulement de savoir combien de radios Courbevoie achète. Elle est de savoir ce que ces radios permettent, ce qu’elles enregistrent, et qui a le droit d’écouter. Dans une oreillette municipale, il peut passer beaucoup plus qu’un simple “bien reçu”.