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À Louis-Mourier, refaire un 7e étage pendant que l’hôpital continue

À Colombes, l’AP-HP prépare la restructuration du 7e étage de l’aile Nord de Louis-Mourier, dans un hôpital qui doit rester ouvert.

Illustration - Chantier discret à l’hôpital

Au 7e étage de l’aile Nord de Louis-Mourier, il faudra bientôt démonter, refaire, raccorder, ventiler, repeindre. Mais pas dans un bâtiment vide. L’hôpital de Colombes continuera de recevoir ses patients pendant que les travaux avanceront au-dessus du sol, étage par étage, couloir par couloir.

L’AP-HP Nord Université Paris Cité a publié une consultation pour restructurer ce niveau de la tour de l’hôpital, au 178 rue des Renouillers. Le marché est découpé en huit lots. On y trouve le curage et le désamiantage, les cloisons, les faux plafonds, les menuiseries, le chauffage, la ventilation, la climatisation, la plomberie, l’électricité, les fluides médicaux et les finitions.

Pris séparément, ces mots ressemblent à une liste de chantier. Dans un hôpital, ils touchent vite à l’usage quotidien: faire circuler l’air, installer les bons réseaux, adapter les pièces, sécuriser les accès, rendre les locaux à nouveau praticables pour les équipes et les patients.

Le calendrier donne la mesure de l’opération: 14 mois au total, dont deux mois de préparation. L’ouverture du chantier est envisagée en octobre 2026, sans que cette date soit encore présentée comme définitive. Les entreprises intéressées ont jusqu’au 24 juin pour remettre leur offre.

La contrainte principale tient en deux mots administratifs, mais très parlants: site occupé. Cela veut dire que les travaux devront composer avec un hôpital vivant. Les circulations, les nuisances, la sécurité, les accès techniques et la continuité des soins ne seront pas des détails autour du chantier. Ils feront partie du chantier.

L’avis ne dit pas clairement quel service sera concerné par la restructuration. Les pages de l’AP-HP localisent les consultations de pédiatrie au 7e étage du bâtiment principal, mais cela ne suffit pas à affirmer qu’elles sont directement visées. C’est le point à vérifier avant de conclure quoi que ce soit sur les effets pour les familles, les enfants ou les équipes.

Ce qui est sûr, en revanche, c’est que Louis-Mourier dépasse largement l’échelle du quartier. L’hôpital dessert notamment Colombes, Bois-Colombes, La Garenne-Colombes, Nanterre, Gennevilliers et Villeneuve-la-Garenne. Il accueille des urgences adultes et pédiatriques, une maternité de type III, de la néonatalogie, de la pédiatrie, de la médecine interne, de la chirurgie, de la psychiatrie et de la réanimation.

Ce chantier raconte donc une partie très concrète de la modernisation hospitalière: pas la grande annonce, mais la remise en état patiente des lieux où l’on soigne. L’Agence régionale de santé rappelle que plus de 2,4 milliards d’euros d’investissement Ségur sont prévus en Île-de-France pour rénover des établissements d’ici 2030. Aucun document consulté ne rattache directement le 7e étage de Louis-Mourier à ce programme. La prudence s’impose.

Derrière l’avis de marché, il y a donc un étage à refaire sans mettre l’hôpital sur pause. C’est moins spectaculaire qu’un ruban coupé devant une façade neuve. Pour les patients et les soignants, c’est souvent beaucoup plus utile.