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Hauts-de-Seine Habitat veut rendre le parcours locataire plus accessible aux personnes sourdes

Hauts-de-Seine Habitat prolonge un parcours adapté aux locataires sourds et malentendants, pour faciliter les échanges du quotidien avec le bailleur.

Locataire échangeant par visio accessible

Un dégât des eaux se signale vite, en théorie. Encore faut-il pouvoir expliquer le problème, comprendre la réponse, fixer un rendez-vous, suivre la réparation. Pour un locataire sourd ou malentendant, le parcours ordinaire avec un bailleur peut se compliquer dès la première étape : décrocher le téléphone.

Hauts-de-Seine Habitat vient de publier un marché public pour la « réalisation d’un parcours locataire adapté aux sourds et malentendants ». L’avis, envoyé le 13 mai, prévoit une procédure adaptée, une remise des offres avant le 29 mai à midi et un marché de 36 mois. Le début des prestations est envisagé le 5 juin.

Le mot « parcours » est important. Il ne s’agit pas seulement d’accueillir une personne au moment de son entrée dans le logement. Un bailleur reste présent dans la vie quotidienne : quittances, charges, travaux, pannes, réclamations, demandes d’adaptation, difficultés financières, échanges avec les gardiens ou les services de proximité. À chaque étape, l’information doit circuler.

L’office a déjà engagé ce travail. Depuis 2021, Hauts-de-Seine Habitat indique proposer, avec Sourdline, un espace dédié aux personnes sourdes et malentendantes. Le service permet d’échanger par webcam en langue des signes française, en langue française parlée complétée, ou par tchat écrit adapté. Sur sa page dédiée, le bailleur cite précisément les démarches concernées : signaler un dysfonctionnement dans le logement, comprendre un document administratif, évoquer une difficulté financière ou demander une adaptation du logement.

La publication du nouveau marché ne marque donc pas une découverte soudaine du sujet. Elle montre plutôt que ce service s’installe dans la durée. Et à l’échelle de Hauts-de-Seine Habitat, ce n’est pas marginal : l’office se présente comme le premier bailleur social du département, avec plus de 45 000 logements dans 34 des 36 communes des Hauts-de-Seine.

L’intérêt local est là. Dans un parc aussi étendu, un formulaire mal compris, un appel impossible ou une réclamation mal suivie ne sont pas de petits détails administratifs. Ce sont des moments où l’égalité d’accès au service se vérifie, ou se perd.

Le Département des Hauts-de-Seine utilise lui aussi un dispositif d’accueil adapté aux personnes sourdes et malentendantes, avec Acceo. Le sujet dépasse donc Hauts-de-Seine Habitat : une porte ouverte ne suffit pas si la conversation derrière reste inaccessible.

Le prochain test sera simple : que le dispositif soit visible, fiable et utilisé. Des horaires trop étroits, un service difficile à trouver ou une demande qui se perd après le premier échange videraient vite la promesse de son intérêt. Pour un locataire, l’objectif est beaucoup plus concret : régler son problème sans devoir passer par un proche, sans perdre le fil de sa demande, sans dépendre d’un appel téléphonique impossible. Un dégât des eaux, lui, ne connaît pas la langue des signes. Il peut pourtant attendre longtemps.