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Aux Grésillons, Gennevilliers prépare un quartier de gare qui veut rester productif

Du 20 mai au 19 juin, une consultation publique est ouverte sur la ZAC Gare des Grésillons à Gennevilliers, autour du RER C et de la future ligne 15.

Gare des Grésillons à Gennevilliers

Aux Grésillons, la gare est déjà là. Le RER C longe le secteur, la RN315 marque le paysage, l’avenue des Grésillons relie Gennevilliers à Asnières, et la future ligne 15 du Grand Paris Express rend déjà le changement plus tangible. C’est dans ce morceau de ville encore très économique que se prépare la ZAC Gare des Grésillons.

Du 20 mai au 19 juin, les habitants, riverains, salariés et usagers peuvent consulter le dossier de réalisation de la zone d’aménagement et déposer leurs observations en ligne. La fenêtre est courte, mais elle arrive avant que le projet ne se résume, pour beaucoup de monde, à des palissades, des déviations et des nuisances.

Le périmètre couvre environ 25 hectares. D’après l’autorité environnementale, il est délimité par la RN315, la voie ferrée du RER C et l’avenue des Grésillons. La future gare Les Grésillons de la ligne 15 doit ouvrir en 2031, au niveau de la gare actuelle, près de la rue Henri-Vuillemin.

L’intérêt du dossier tient à une nuance importante. Ici, “quartier de gare” ne veut pas forcément dire nouveau quartier résidentiel avec quelques commerces en pied d’immeuble. À Gennevilliers, le projet reste d’abord tourné vers l’activité économique. Les documents récents font état de 118 392 m² de surfaces constructibles prévues, contre 82 550 m² dans le dossier de création de 2016. La part la plus importante concerne l’activité industrielle, devant les bureaux, les commerces et services, puis la formation.

C’est donc un projet de densification, mais pas seulement de densification résidentielle. Il pose une question simple: comment garder un secteur productif autour d’une gare appelée à devenir plus stratégique, sans fabriquer un espace dur à traverser, bruyant, saturé ou fermé sur lui-même ?

Les points à regarder ne sont pas abstraits. Ils concernent les accès à la gare, les circulations de voitures et de camions, les cheminements à pied et à vélo, les livraisons, les horaires de chantier, les rez-de-chaussée, la qualité des espaces publics. Pour un riverain ou un salarié, ce sont ces détails qui feront la différence entre un quartier mieux connecté et un secteur plus compliqué à pratiquer.

L’environnement n’est pas un chapitre à part. L’autorité environnementale a déjà signalé que le projet avait beaucoup changé depuis 2016 et qu’une reprise importante de l’étude d’impact était nécessaire. Elle pointe notamment les sols pollués, les risques technologiques, la circulation, le bruit de la RN315, la qualité de l’air, les îlots de chaleur et la gestion de l’eau. Dit autrement: ce dossier parle autant de santé quotidienne que d’urbanisme.

La participation publique ne réécrira pas le projet à elle seule. Mais elle peut servir à poser les bonnes questions avant le chantier: quels accès seront maintenus ? Comment les nuisances seront-elles limitées ? Quelles activités sont réellement attendues ? Comment la future gare du métro s’articulera-t-elle avec le tissu existant ? Qu’est-ce qui restera simple pour ceux qui traversent déjà le secteur tous les jours ?

Le registre numérique est ouvert du 20 mai à minuit au 19 juin à minuit sur registre-numerique.fr/ppve-zac-des-gresillons. Les contributions peuvent aussi être envoyées à ppve-zac-des-gresillons@mail.registre-numerique.fr. Après la consultation, une synthèse des observations et des suites données doit être publiée en ligne pendant au moins trois mois.

Aux Grésillons, l’enjeu est simple: regarder avant le 19 juin comment un quartier de gare peut rester un quartier de travail sans compliquer la vie de ceux qui y passent, y habitent ou y travaillent.