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À Vallée Sud, l’hydrogène passe d’abord par la facture d’électricité

Un marché d’électricité rappelle que Vallée Sud Hydrogène devra se juger sur ses contrats, ses coûts et les véhicules réellement servis.

Illustration - Hydrogène et électricité locale

À Châtenay-Malabry et Châtillon, le projet hydrogène commence par une chose très ordinaire: acheter de l’électricité. L’avis publié le 10 mai au BOAMP ne promet ni station spectaculaire ni véhicule présenté devant les élus. Il porte sur la fourniture et l’acheminement d’électricité pour Vallée Sud Hydrogène.

Ce marché très technique dit pourtant bien où en est le projet. L’hydrogène local n’est plus seulement une promesse de mobilité propre ou une ligne dans une stratégie de transition. Il arrive dans la phase où il faut faire fonctionner les installations, payer l’énergie, tenir les tournées et assurer le service.

Le dispositif est déjà bien balisé: une station de production et de distribution à Châtenay-Malabry, une station de distribution à Châtillon, un électrolyseur de 5 MW, jusqu’à 2 tonnes d’hydrogène par jour. Les usages annoncés sont concrets: 30 bus et 27 bennes à ordures ménagères. C’est moins abstrait qu’un slogan sur la décarbonation. Ce sont des véhicules qui doivent démarrer, rouler, revenir au dépôt et repartir.

Le marché d’électricité rappelle aussi une évidence parfois perdue dans le vocabulaire vert: l’hydrogène produit par électrolyse dépend directement de l’électricité utilisée. Il faut une énergie disponible, régulière, achetée dans de bonnes conditions. La stratégie nationale hydrogène souligne d’ailleurs que le prix de l’électricité pèse fortement dans le coût final de l’hydrogène produit par électrolyse.

C’est donc là que le sujet devient localement intéressant. Pour Vallée Sud, l’enjeu n’est pas seulement de disposer d’un équipement innovant. Il est de savoir si cet équipement peut tenir dans la vie réelle du territoire: contrats, coûts, maintenance, continuité de service, usages vraiment adaptés.

L’hydrogène peut avoir du sens pour des véhicules intensifs, lorsque la batterie seule ne répond pas à toutes les contraintes d’autonomie, de temps de recharge ou de tournées répétées. Les bus et les bennes entrent dans ce champ. Mais le choix ne se juge pas sur l’étiquette technologique. Il se juge sur l’électricité consommée, le prix obtenu, l’origine de l’énergie et le service rendu.

L’avis publié le 10 mai ne suffit pas à connaître le coût futur de l’hydrogène de Vallée Sud, ni les exigences précises du contrat. Il signale surtout que le projet approche de son vrai test. À Châtenay-Malabry et Châtillon, l’hydrogène se mesurera désormais moins aux annonces qu’à ce qu’il permettra vraiment de faire rouler.