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À Suresnes, 114 logements de la Cité-jardin vont se refaire sans vider les immeubles

Hauts-de-Seine Habitat lance une réhabilitation en site occupé à la Cité-jardin de Suresnes, avec travaux, gain énergétique et loyers à surveiller.

Illustration rénovation logements sociaux

Remplacer des fenêtres, reprendre une salle de bains, intervenir sur l’électricité: dans un logement vide, c’est un chantier. Dans un logement occupé, c’est aussi une semaine à organiser, des meubles à protéger, des horaires à supporter, une porte à ouvrir aux entreprises.

C’est le sujet très concret du marché publié le 9 mai par Hauts-de-Seine Habitat pour la Cité-jardin de Suresnes. Il porte sur la réhabilitation de trois immeubles, soit 114 logements, avenue Kellogg et square Concorde. La consultation prévoit des travaux en site occupé, avec une durée estimée à vingt mois et une remise des offres attendue le 19 juin.

Les documents présentés aux locataires donnent la mesure de l’opération. Il ne s’agit pas seulement de repeindre des parties communes. Le programme mentionne l’isolation par l’extérieur, le remplacement des fenêtres, la pose de volets roulants, la réfection des halls, les peintures et revêtements dans les circulations, mais aussi des interventions dans les logements: salles de bains, cuisines, appareils sanitaires, électricité, portes palières, chauffage et eau chaude.

Pour les habitants, la promesse se jugera donc pièce par pièce. Le bailleur prévoit une visite préalable du logement avec le locataire, le maître d’œuvre et l’entreprise, afin de préciser les prestations, les périodes d’intervention et les protections à mettre en place. C’est une étape décisive dans ce type de rénovation: le bon chantier n’est pas seulement celui qui finit proprement, c’est celui qui laisse les gens vivre pendant qu’il avance.

À Suresnes, cette contrainte a un relief particulier. La Cité-jardin n’est pas seulement un ensemble patrimonial. Elle reste un quartier habité, construit entre 1921 et 1956 autour d’une idée simple: offrir un logement social plus sain, plus aéré, relié aux équipements et aux espaces verts. Le site est aujourd’hui reconnu comme site patrimonial remarquable et labellisé patrimoine d’intérêt régional. Cette reconnaissance oblige à faire attention aux bâtiments. Elle ne dispense pas de les adapter.

L’enjeu dépasse la façade. Dans les Hauts-de-Seine, la DRIHL recensait plus de 207 000 logements sociaux au 1er janvier 2024, avec un parc presque entièrement collectif et un âge moyen de 47 ans. Dans un département cher et dense, entretenir ce parc ancien n’a rien d’accessoire: c’est une manière de conserver des logements utilisables là où il est difficile d’en produire assez.

Hauts-de-Seine Habitat annonce aussi un gain énergétique important pour les bâtiments concernés. La présentation faite aux locataires indique un passage d’une étiquette D à C, avec une consommation ramenée de 239 à 102 kWh/m² par an, soit environ 55 % de baisse annoncée. Le chiffre compte, mais les habitants regarderont surtout ce qu’il change chez eux: moins de froid, moins d’humidité, des charges plus maîtrisées, un appartement plus confortable en hiver.

Reste la question du loyer. Les documents de concertation indiquent que les variations ne s’appliqueraient qu’après la fin des travaux, dans la limite des plafonds autorisés pour les logements conventionnés, avec une hausse maximale de 10 % étalée sur deux ans. Chaque locataire devait recevoir une simulation individualisée. Là encore, le détail n’est pas secondaire: une rénovation réussie doit améliorer le logement sans rendre le quotidien plus fragile.

Ce marché ne raconte pas une opération spectaculaire, mais une remise à niveau très concrète. Dans la Cité-jardin, la réussite se verra à des choses simples: des fenêtres qui ferment mieux, une cage d’escalier plus nette, une salle de bains remise à niveau, des habitants correctement informés et un chantier qui n’oublie pas qu’il intervient d’abord chez des gens.