À La Défense, un achat responsable peut commencer par une question très ordinaire: qui peut renforcer un accueil, entretenir des espaces verts, assurer une prestation logistique, répondre à un besoin de sécurité ou intervenir sur un chantier? Pour une structure d’insertion ou du handicap, la réponse ne vaut que si elle débouche sur une commande, puis sur d’autres.
C’est le pari de la Convention d’affaires du Club Busin’ESS 92, annoncée le 5 juin 2026, de 9h à 13h, au Pôle Léonard de Vinci. ActivitY’ annonce un nouveau format consacré aux enjeux RH, à la mise à disposition de personnel et aux prestations de services, avec plus de 30 structures de l’économie sociale et solidaire mobilisées.
Le lieu n’est pas anodin. La Défense concentre 2 800 entreprises et 200 000 salariés. Dans un tel bassin d’emplois, les achats responsables ne manquent pas de clients possibles. La vraie difficulté est ailleurs: faire entrer des structures souvent petites, spécialisées, parfois peu visibles, dans les habitudes d’achat d’entreprises et de collectivités qui regardent les prix, les délais, les références et la capacité à tenir.
C’est là que Busin’ESS 92 peut être utile, à condition de rester très concret. Le club, lancé dans les Hauts-de-Seine en 2023, cherche à rapprocher les donneurs d’ordre publics ou privés des structures de l’insertion et du handicap. Pas seulement pour se connaître, mais pour identifier des prestations achetables: BTP, espaces verts, logistique, accueil, sécurité, services aux entreprises.
C’est une autre manière de regarder l’insertion dans le département. Les formations vers les métiers qui recrutent restent nécessaires, comme celles que nous évoquions récemment avec le numérique comme levier d’insertion dans les Hauts-de-Seine. Mais ici, le levier est différent: il ne s’agit pas seulement de préparer des personnes à l’emploi, il s’agit de créer des débouchés commerciaux pour les structures qui les accompagnent.
Le cadre national pousse dans le même sens. La commande publique est encouragée à intégrer davantage de critères sociaux et environnementaux, et le Marché de l’inclusion aide les acheteurs à repérer des fournisseurs inclusifs. Mais une plateforme ou une clause ne suffit pas. Une petite structure doit encore comprendre le besoin, répondre au bon format, prouver sa fiabilité et éviter de dépendre d’un seul client trop gros pour elle.
Côté acheteurs, l’équation est tout aussi pratique. Acheter responsable ne veut pas dire acheter moins bien. Cela suppose de découper un besoin intelligemment, de tester un fournisseur, de sécuriser la prestation, parfois de commencer par un contrat modeste avant de l’élargir. C’est moins spectaculaire qu’un grand discours sur l’impact social, mais souvent beaucoup plus utile.
La Convention Busin’ESS 92 sera donc utile si elle produit autre chose qu’un carnet de contacts. Dans les Hauts-de-Seine, le potentiel est réel: beaucoup de sièges, beaucoup de services, beaucoup d’achats récurrents. Reste à transformer la bonne intention en bon de commande. La formule paraît modeste. Pour une structure d’insertion, c’est précisément là que le marché commence.