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À Courbevoie, Seine Europe veut réparer un bord de La Défense

À Courbevoie, Seine Europe veut rendre plus praticable un bord de La Défense, autour du parc Diderot, des écoles et des espaces publics.

Illustration - Passage vers La Défense

Dans ce morceau de Courbevoie, La Défense ne ressemble pas seulement à des tours. Elle devient une suite de rues, de passerelles, d’écoles, de pieds d’immeubles et de chemins vers le parc Diderot. On y passe d’un quartier habité au bord du quartier d’affaires, parfois sans très bien savoir où l’un finit et où l’autre commence.

C’est là que se joue Seine Europe. La déclaration d’intention publiée par la préfecture des Hauts-de-Seine remet dans le débat public une opération d’environ 5 hectares, dans l’ancien secteur Diderot-Audran. Le périmètre s’inscrit entre la rue de Strasbourg, l’avenue du Général-Audran jusqu’à la Seine, le parc Diderot et le boulevard Patrick-Devedjian.

L’objectif affiché est de renforcer l’attractivité du secteur et d’améliorer le cadre de vie. La formule est banale. Les effets, eux, peuvent être très concrets: reprendre les espaces publics, prolonger le parc Diderot, améliorer les liaisons avec la dalle de La Défense, reconstruire ou adapter des équipements scolaires et sportifs, et installer de nouveaux programmes immobiliers.

Le projet initial donnait l’échelle: une école européenne annoncée pour 1 200 élèves, un collège de 600 élèves, une école élémentaire, un gymnase, ainsi que près de 188 000 m² de constructions nouvelles, dont Odyssey sur l’ancien site des Miroirs et une tour dite Alsace. Seine Europe n’est donc pas un simple lifting urbain. C’est une opération qui touche à la fois aux trajets quotidiens, aux équipements publics et à la construction de nouveaux mètres carrés autour de La Défense.

Le point sensible est déjà connu: la partie scolaire du projet n’est plus aussi stable qu’au départ. L’école André-Malraux, qui devait entrer dans le jeu des reconstructions, a changé de place dans le débat local après la décision de ne plus la reconstruire selon le schéma initial. La presse locale a aussi documenté la transformation temporaire du bâtiment en tiers-lieu et la révision possible d’une partie du projet d’école européenne. Pour les riverains, ce n’est pas un détail technique. C’est la différence entre un projet lisible et un chantier dont les pièces bougent au fil des décisions.

L’avis de l’autorité environnementale rappelle aussi que promettre plus de vert et de meilleures liaisons ne suffira pas. Il faudra expliquer comment seront traités les circulations locales, les nuisances de chantier, les risques d’inondation, le paysage, la compatibilité avec les règles d’urbanisme et la participation du public. À cet endroit, une belle image de quartier végétalisé ne répond pas à tout. Les habitants auront surtout besoin de savoir ce qui change, quand, par où l’on passera, quels équipements resteront accessibles et quelles nuisances accompagneront la transformation.

C’est ce qui rend Seine Europe intéressant pour Courbevoie. Le projet ne se jugera pas seulement à la silhouette des immeubles. Il se verra dans les abords des écoles, les accès au parc, les cheminements vers La Défense, les rez-de-chaussée, les détours de chantier et la façon dont un quartier déjà habité absorbe une nouvelle vague d’aménagement.

La réussite se verra à une échelle très simple: faire de ce bord de La Défense un morceau de ville plus clair, plus vert et plus praticable, sans que les habitants actuels deviennent de simples spectateurs du chantier.