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Dans l’ouest du 92, les bornes de tri cherchent leur place

Paris Ouest La Défense prépare de nouvelles bornes de tri dans des communes où locaux poubelles, trottoirs et qualité du geste restent sous tension.

Borne de tri en ville

À La Garenne-Colombes ou à Courbevoie, le verre peut encore partir en bac, au pied de l’immeuble. À Puteaux, Nanterre ou Suresnes, il faut déjà rejoindre un point d’apport volontaire. À Neuilly-sur-Seine, Saint-Cloud ou Vaucresson, les deux systèmes cohabitent. Dans l’ouest des Hauts-de-Seine, trier ses déchets ne prend donc pas partout la même forme: parfois un local poubelles trop serré, parfois une borne sur la rue, parfois les deux.

C’est dans cette géographie très concrète que s’inscrit le marché publié par Paris Ouest La Défense. L’établissement public territorial cherche à fournir et installer des points d’apport volontaire aériens en métal pour le verre, les emballages ménagers recyclables et les ordures ménagères résiduelles. Le marché est estimé à 225 000 euros hors taxes, avec un plafond de 270 000 euros sur trois ans.

Le sujet pourrait sembler mince: de nouvelles bornes de tri dans l’espace public. Il dit pourtant assez bien la manière dont la collecte des déchets s’adapte aux communes denses. Quand les immeubles n’ont pas la place d’ajouter des bacs, une partie du tri sort du bâtiment et rejoint la rue. Il faut alors choisir un emplacement, préserver le passage des piétons, organiser la collecte, limiter le bruit du verre et éviter que le pied du conteneur devienne un point de dépôt sauvage.

Les chiffres montrent pourquoi ce petit mobilier compte. En 2024, Paris Ouest La Défense a collecté 21 773 tonnes d’emballages ménagers recyclables, soit 38,2 kg par habitant. Le verre représentait 11 038 tonnes, environ 19 kg par habitant. Mais, sur les dix communes du territoire rattachées au Syctom, près de 22 % des déchets collectés dans le tri sélectif relevaient d’erreurs de tri en 2024, un taux en hausse par rapport à 2023.

Une borne ne règle donc pas tout par sa seule présence. Elle peut rendre le geste plus simple si elle est visible, proche et bien entretenue. Elle peut aussi le rendre plus agaçant si elle est trop loin, mal signalée, pleine trop souvent ou posée à un endroit qui gêne déjà la vie de la rue. Paris Ouest La Défense rappelle d’ailleurs que le verre ne doit pas être laissé au pied des conteneurs, notamment parce que leur collecte se fait avec un camion-grue.

La qualité du tri dépend beaucoup de ces détails ordinaires. Un habitant qui comprend immédiatement où mettre ses bouteilles, ses emballages ou ses déchets résiduels aura moins de raisons de se tromper. Une copropriété sans local adapté peut aussi y trouver une solution plus réaliste qu’un empilement de bacs. À l’inverse, une borne mal placée transforme vite un bon principe en nuisance de voisinage.

Le marché ne dit pas encore combien de bornes seront installées, ni dans quelles communes. C’est ce qui manque encore pour mesurer précisément l’effet du marché. Mais il éclaire déjà une tension familière de l’ouest du 92: pour améliorer le tri, il ne suffit pas d’ajouter une consigne. Il faut trouver la bonne place, au bon endroit de la rue, et s’assurer que le service suive.