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Aux Amandiers, le théâtre rénové doit maintenant retrouver Nanterre

Après plus de quatre ans de travaux, le Théâtre Nanterre-Amandiers a rouvert. L’enjeu est désormais sa place concrète dans la vie de Nanterre.

Illustration - Théâtre rénové à Nanterre

Les visites guidées du nouveau Théâtre Nanterre-Amandiers racontent bien l’enjeu de cette rénovation. On n’y découvre pas seulement une scène rénovée. On y reprend ses repères dans un bâtiment longtemps fermé: le hall, les salles, les coulisses, les circulations, les accès depuis l’avenue Pablo-Picasso et le parc André-Malraux.

Après plus de quatre ans de travaux, le théâtre a rouvert fin 2025 et a été officiellement inauguré le 9 janvier 2026. Le projet, confié à l’agence norvégienne Snøhetta, ne se limite pas à une remise à niveau technique. Il ajoute une troisième salle de 200 places, modernise les équipements scéniques, les loges, les espaces d’accueil, le restaurant et la librairie. Pour le public, ce sont parfois ces détails qui changent le plus: entrer plus facilement, attendre dans un lieu lisible, circuler sans avoir l’impression de traverser une machine réservée aux initiés.

C’est là que la rénovation devient un sujet local. Les Amandiers sont un Centre dramatique national, c’est-à-dire un lieu de création théâtrale reconnu par l’État. Mais ils sont aussi installés à Nanterre, dans une ville populaire, universitaire, voisine de La Défense, où les publics ne se croisent pas toujours. Le théâtre peut attirer des spectateurs venus de toute l’Île-de-France. Sa réussite se mesurera aussi à sa place dans la vie des Nanterriens.

Le prestige ne suffit pas. Un grand théâtre posé dans une ville peut rester une adresse admirée de loin. Un grand théâtre vivant devient un lieu où l’on va pour voir une pièce, boire un café, accompagner une classe, participer à un atelier, découvrir une salle, revenir sans attendre une grande occasion. La rénovation peut réduire cette distance.

Elle rappelle aussi le prix de ces équipements culturels. En 2018, le chantier était présenté autour de 37 millions d’euros, financés par la Ville de Nanterre, l’État, le Département des Hauts-de-Seine et la Région Île-de-France. Les indications publiques plus récentes évoquent un coût d’environ 59,5 millions d’euros. Sans transformer l’écart en procès sommaire, cela dit l’ampleur de l’investissement. Un tel chantier doit produire plus qu’un bâtiment plus beau: il doit améliorer l’usage, l’accueil et le lien avec le territoire.

L’histoire des Amandiers compte, bien sûr. Les Archives départementales ont récemment consacré une conférence à la naissance et à l’histoire du théâtre, dans un cycle sur les scènes des Hauts-de-Seine. Le lieu porte une mémoire de création contemporaine et de grandes directions artistiques. Mais la mémoire ne fera pas revenir le public à elle seule.

La nouvelle étape commence maintenant. Si les espaces rénovés permettent aux artistes de mieux travailler et aux spectateurs d’entrer plus naturellement, le chantier aura fait davantage que réparer un bâtiment. Il aura redonné aux Amandiers une présence plus claire dans Nanterre. Pour un théâtre national, c’est une manière très concrète de compter dans sa ville: devenir plus facile à habiter.