Derrière Westfield Les 4 Temps, au cœur de la résidence Boieldieu à Puteaux, La Défense retrouve un vocabulaire peu habituel pour elle : cabanes, trampolines, toboggan, balançoire, bancs pour les parents. L’aire de jeux Marceline-Sebalt vient de rouvrir après plusieurs mois de travaux. Paris La Défense et la Ville de Puteaux la présentent comme un espace sécurisé, pensé avec les habitants, pour des enfants de 1 à 15 ans.
Le changement ne se limite pas aux jeux. Les abords ont été repris avec davantage de végétation, des iris, des sols plus perméables, des bancs et des chaises longues. Rien de spectaculaire, à l’échelle d’un quartier connu pour ses tours. Mais c’est précisément ce qui rend Boieldieu intéressant : ici, La Défense ne cherche pas seulement à impressionner, elle doit aussi permettre de s’asseoir, d’attendre, de jouer, de traverser sans se perdre.
La résidence Boieldieu n’est pas un décor secondaire. Construite en 1968, elle compte 479 logements, dans un secteur longtemps marqué par l’urbanisme sur dalle, les niveaux superposés et les cheminements peu évidents. La requalification des Terrasses Boieldieu, inaugurée en 2018, avait déjà travaillé cette question : comment rendre plus lisible et plus accueillant un morceau de ville longtemps pensé pour les flux ?
L’aire de jeux apporte une réponse très simple. Un quartier habité ne se mesure pas seulement au nombre de logements. Il se reconnaît aussi à ces petits lieux où un enfant peut courir, où un parent peut rester dix minutes, où les voisins se croisent sans rendez-vous. Dans un quartier qui compte 2 800 entreprises et 200 000 salariés, ces usages ordinaires comptent presque comme un contrepoids. Ils rappellent que La Défense n’est pas seulement une adresse de bureau.
Après le jardin étudiant du Pôle Léonard-de-Vinci et les réflexions autour d’un parvis plus accueillant, Boieldieu montre une autre facette du même mouvement. Pas celle de l’événement ou de l’image, mais celle de la vie proche : les enfants, les bancs, l’ombre, les sols, les cheminements. Dans un quartier dense et minéral, une aire de jeux dit vite ce qui manque ou ce qui commence à tenir. Si les enfants peuvent y trouver leur place, beaucoup d’autres usages deviennent possibles.
La réouverture de Marceline-Sebalt ne change pas à elle seule le visage de La Défense. Elle donne une mesure plus simple : derrière les tours, il faut aussi des endroits où l’on peut rester un peu.