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Déchets: à Bois-Colombes, la collecte remet le quotidien au centre du jeu

À Bois-Colombes, un marché de collecte de 12 millions d’euros révèle les enjeux concrets du service déchets dans Boucle Nord de Seine.

Bennes et immeubles urbains

À Bois-Colombes, le prochain contrat de collecte des déchets n’est pas une simple formalité. Boucle Nord de Seine remet en concurrence la collecte en porte-à-porte des déchets ménagers et assimilés dans la commune. Le contrat est plafonné à 12 millions d’euros hors taxes, pour cinq ans fermes à partir du 4 janvier 2027, avec deux reconductions possibles jusqu’au 30 septembre 2033. Les offres sont attendues avant le 1er juin.

Ce lot bois-colombien s’inscrit dans un renouvellement plus large. La consultation lancée fin 2025 par Boucle Nord de Seine portait sur un plafond de 168,5 millions d’euros hors taxes et sept lots: collecte en porte-à-porte dans plusieurs communes, collecte des déchets alimentaires sur l’ensemble du territoire et collecte en apport volontaire, c’est-à-dire via des bornes ou conteneurs où les habitants déposent eux-mêmes certains déchets.

L’enjeu dépasse le passage des camions. Dans une commune dense, la collecte décide de choses très visibles: horaires, bruit, bacs oubliés, trottoirs encombrés, locaux poubelles trop petits, tri mal compris, gestion des immeubles et des commerces. Le marché ne se joue pas seulement sur le prix: l’avis d’appel d’offres prévoit aussi des critères de qualité, dont le détail figure dans le dossier de consultation. Sa durée s’explique notamment par l’amortissement des véhicules de collecte et par l’objectif de verdir la flotte.

La question financière n’a rien d’abstrait. En 2023, le service public français a collecté 37,8 millions de tonnes de déchets ménagers et assimilés, soit 559 kg par habitant. Le coût moyen aidé du service atteignait 127 euros hors taxes par habitant, en hausse de 11 euros en un an, avec 10,6 milliards d’euros de charges au total. Chaque tournée mieux pensée, chaque flux mieux séparé, chaque bac mieux utilisé compte dans cette équation.

Boucle Nord de Seine a déjà quelques résultats à montrer. Depuis juin 2022, toutes ses communes appliquent les mêmes consignes de tri pour les emballages. Les tonnages de collecte sélective ont progressé de 9 % entre 2021 et 2022, puis de 3,4 % entre 2022 et 2023. Sur la même période, la production totale de déchets de l’intercommunalité a baissé de 3,9 %, et celle des ordures ménagères de 5,6 %.

Le prochain test porte sur les déchets alimentaires. Boucle Nord de Seine a fait passer le nombre de sites concernés par leur collecte de 33 en 2020 à 95 en 2024, notamment dans les marchés, les établissements scolaires et la restauration collective. En octobre 2024, 104 abris-bacs destinés aux habitants étaient installés. L’objectif est d’en déployer 551 d’ici 2027, pour permettre à environ 28 000 foyers de trier leurs déchets alimentaires.

C’est ici que la collecte rejoint les grands équipements. Le budget 2026 du Syctom dit ce qui se prépare côté traitement, tri et valorisation. Mais rien ne fonctionne si l’amont ne suit pas. Un centre de tri, une unité de biométhanisation ou une filière de recyclage ne valent que si les habitants peuvent trier sans transformer chaque passage au local poubelle en casse-tête.

Le marché de Bois-Colombes rappelle donc une chose simple: la transition déchets se joue au pied des immeubles. Des tournées fiables, des bacs accessibles, des consignes claires, des véhicules moins polluants, un suivi sérieux des prestataires. Ce n’est pas spectaculaire. C’est précisément pour cela que c’est décisif.