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Paris Nanterre défend ses chercheurs face à la caricature politique

Paris Nanterre condamne des propos de Sébastien Chenu et défend sa communauté scientifique, sur fond de tensions autour de la recherche.

Campus universitaire en débat

L’Université Paris Nanterre a choisi de répondre publiquement. Dans un communiqué publié le 17 avril, elle condamne les propos de Sébastien Chenu, député du Rassemblement national et vice-président de l’Assemblée nationale, et apporte son soutien à sa communauté scientifique. Le point de départ est une séquence politique visant une enseignante en sociologie à Nanterre. L’enjeu dépasse pourtant la personne mise en cause: l’université estime que ses missions d’enseignement et de recherche ont été attaquées à travers une caricature de la sociologie.

Ce n’est pas un détail local. Paris Nanterre compte plus de 35 000 étudiants, 41 unités de recherche et un campus principal de 32 hectares, avec aussi des implantations à Ville-d’Avray, Saint-Cloud et La Défense. Dans les Hauts-de-Seine, elle n’est pas seulement un lieu de cours. C’est une infrastructure intellectuelle et civique: elle forme, enquête, produit des savoirs, accueille des débats et pèse dans la vie de Nanterre comme dans celle du département.

La réaction de l’université dit aussi quelque chose du moment. Les sciences sociales, et la sociologie en particulier, sont régulièrement prises pour cible lorsqu’elles dérangent le récit politique le plus simple. On peut discuter une étude, contester une méthode, critiquer une conclusion. C’est normal. Mais le désaccord change de nature lorsqu’il réduit une chercheuse, une discipline et un métier à une formule méprisante. Le SNCS-FSU, syndicat national de chercheurs, a d’ailleurs dénoncé des propos qu’il juge diffamatoires et misogynes.

Paris Nanterre sort aussi d’une séquence tendue. En mars, l’établissement avait condamné des propos antisémites et diffamatoires lors du Village de l’égalité. Le 24 avril, il a annoncé un signalement au procureur après des propos antisémites tenus dans des espaces numériques liés à des échanges pédagogiques. Le communiqué visant Sébastien Chenu relève d’un autre registre: il ne s’agit pas d’un incident interne, mais d’une attaque extérieure contre la légitimité de la recherche universitaire.

La nuance compte. Une université n’a pas à devenir un acteur partisan pour défendre ses chercheurs. Elle peut simplement rappeler une règle de base: la connaissance se critique avec des arguments, pas par disqualification personnelle. Dans un territoire où l’on parle volontiers d’innovation, de sièges sociaux et de grandes écoles, Paris Nanterre rappelle une autre condition du dynamisme local: des lieux où l’on peut chercher, enseigner et débattre sans être réduit à une cible commode.