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À Issy, le Palais des Arts et des Congrès change d’exploitant

La Ville d’Issy-les-Moulineaux confie à EPDC Versailles la gestion du Palais des Arts et des Congrès pour dix ans et trois mois.

Illustration - Façade du Palais des Arts et des Congrès Charles Aznavour à Issy-les-Moulineaux

Le Palais des Arts et des Congrès Charles Aznavour change d’exploitant. La Ville d’Issy-les-Moulineaux a choisi EPDC Versailles pour gérer et exploiter l’équipement. Le conseil municipal a approuvé ce choix le 11 décembre 2025 et prévu la création d’une société dédiée, EPDC Issy, à laquelle le contrat doit être transféré une fois créée.

Ce n’est pas une simple formalité. La concession court sur dix ans et trois mois. Sa valeur estimée atteint 25,023 millions d’euros hors taxes, calculée sur le chiffre d’affaires attendu pendant la durée du contrat. Le délégataire doit aussi verser un droit d’entrée de 558 104 euros hors taxes et réaliser 1,564 million d’euros d’investissements pour renforcer l’attractivité commerciale du site. La Ville garde à sa charge les travaux nécessaires à la pérennité du bâtiment et de ses installations.

Pour les habitants, la vraie question n’est pas le nom de l’opérateur. C’est l’usage du lieu. Spectacles accessibles, créneaux pour les associations, événements d’entreprise compatibles avec la vie locale, tarifs lisibles, retombées pour les commerces : voilà les points à suivre. Un palais des congrès peut remplir son calendrier de séminaires sans répondre aux besoins locaux. Il peut aussi rester culturellement utile tout en trouvant davantage de recettes privées.

Le site a des arguments. Restauré en 2018, le Palais dispose d’un amphithéâtre de 1 000 places, de douze salles de réunion de 10 à 200 places, de deux halls d’exposition, d’espaces de restauration et d’équipements audiovisuels. La Ville présente elle-même cette restauration comme une remise à niveau face aux nombreuses offres concurrentes en région parisienne.

EPDC arrive avec un profil déjà spécialisé. La société gère le Palais des congrès de Versailles et a aussi repris Metz Congrès Robert Schuman au 1er janvier 2026. À Issy, elle prend la suite d’un site placé depuis longtemps dans le portefeuille de Viparis et officiellement repris par EPDC au 1er avril 2026.

Le marché francilien donne de l’air à ce type d’équipement, surtout côté professionnel. Selon la CCI Paris Île-de-France, les salons professionnels franciliens ont retrouvé en 2025 une activité équivalente à 99 % de celle d’avant la crise sanitaire. Au premier semestre, Wine Paris, VivaTech, Paris Packaging Week et JEC World ont tiré le secteur vers le haut. Les salons grand public, eux, restent plus en retrait. Pour Issy, l’enjeu est donc clair : capter une part de cette reprise sans réduire le Palais à une adresse de location.

La concession est aussi un choix de gestion publique. L’exploitant se rémunère par l’activité : culture, congrès, manifestations d’affaires, recettes annexes et éventuelle compensation de service public. Il supporte les charges d’exploitation. Les critères d’attribution ne portent pas seulement sur les finances : ils mentionnent aussi la qualité de l’offre culturelle, le développement du site, les relations avec la Ville, les partenaires locaux, le tissu économique, les moyens humains et le projet d’investissement.

Le sujet tombe dans un contexte budgétaire tendu pour la culture. L’Observatoire des politiques culturelles indique que 47 % des collectivités répondantes ont baissé leur budget culturel total entre 2024 et 2025, et que 42 % ont réduit leurs subventions aux associations culturelles. Le Sénat relève aussi que les festivals, les événements et le spectacle vivant font partie des domaines les plus touchés.

Issy ne cherche donc pas seulement un gestionnaire de salles. La ville teste un équilibre : faire tourner un équipement public dans un marché concurrentiel, attirer des événements, investir dans le site et garder une vraie place pour la programmation culturelle et les usages locaux. Sur dix ans, le contrat laisse assez de temps pour juger sur pièces.